Raissa YAO

Ansut blog camp:l’Ansut et l’Unbci vulgarisent les tic

 Ansut blog camp est un projet dont l’ objectif  est de briser la fracture numérique qui existe entre Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire et les autres villes de l’intérieur du pays. Il est financé par l’agence nationale du service universel des télécommunications –tic (ansut), en collaboration avec l’union nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire (Unbci) va parcourir la Côte d’Ivoire pour former la jeunesse à l’utilisation d’internet.

L’équipe d’Ansut blog camp à Ferkessedougou

Ansut Blog Camp!

L’année 2018 commence bien pour moi avec une expérience très particulière : l’aventure ansut blogcamp. C’est un projet commun entre l’agence nationale du service universel des télécommunications –tic (ansut), l’institution étatique qui est chargée de vulgariser les TIC et L’union nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire (Unbci)-  dont je suis membre et qui elle a pour objectif de démocratiser le blogging en Côte d’Ivoire.

Le but de ce projet est de sillonner le pays via une caravane pour non seulement apprendre aux populations comment utiliser internet mais surtout ce qu’est le blogging afin de leur permettre de créer du contenu local.

Internet et ses opportunités

Internet offre d’énormes opportunités à condition de savoir l’utiliser et en profiter. Et ça  Euloge Soro-Kipéa, directeur général de l’ansut l’a bien compris « il y en a qui ont créé une entreprise rien qu’avec un ordinateur portable, rien qu’avec internet. Juste avec ces outils, on peut changer son avenir, on peut changer le monde et ça il faut y croire. Et avec les jeunes de l’union nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire nous avons trouvé la bonne combinaison »

Le circuit de la caravane Ansut blog camp

les villes qui recevront la caravane ansut blog camp

La caravane ansut blog camp  visitera les villes de Ferkessédougou, Daloa, Daoukro, Béoumi et San-Pedro 04 janvier au 22 janvier 2018 sous le thème «  les tic pour l’autonomisation de nos communautés »

L’aventure est déjà lancée, d’ailleurs elle a connu un véritable succès lors de sa première étape qui s’est déroulée a Ferkessédougou dans la région du Tchologo , au nord de la Côte d’Ivoire.

vous pouvez lire aussi L’ANSUT Blog Camp refuse du monde à Ferkessédougou

l’etape de Ferkessedougou

La caravane est   en ce jour à Béoumi dans le centre du pays, et la population est mobilisée,  disposée à connaitre internet. Je vous tiendrai certainement au courant de cette étape.  Quant à moi j’en profite pour faire mon tourisme OKLM!*

 

*OKLM: au calme

 


migrants africains: l’Europe dans une rescousse « forcée » via le 5ème sommet UAUE

l’Europe Malgré elle a jugé bon de voler au secours de l’Afrique et de ses migrants  qui l’envahissent.li

 

La jeunesse africaine par sa détermination à rejoindre l’hexagone par voies irrégulières pour un meilleur destin  a obligé l’Europe qui se sentait envahie à se pencher sur son sort. Les résolutions du 5ème sommet UEUA sur le thème «  investir dans la jeunesse pour un avenir durable » pourraient être un début de solution.

J’ai envie ce matin de tirer mon chapeau à ces jeunes africains qui par milliers prennent de manière irrégulière le chemin de l’Europe  en pensant y trouver leur « Eldorado ». Ils ont réussi par leur détermination à  déplacer  toute l’Europe entière via le sommet union africaine-union européenne en Afrique pour se baisser sur leur sort.

Les européens n’en peuvent plus. Ils sont envahis par les migrants  venus d’Afrique. Ce continent  qui rime avec la guerre, faim, soif, ebola, sida, épidémie,  pauvreté, amertume et que sais-je encore. C’est par contingents que les jeunes nègres ; enfin ceux qui ont la force d’effectuer le périlleux voyage,  débarquent chaque jour sur leur continent pour simplement fuir ces  misères avec pour objectif avoir une vie meilleure.

La route de l’Europe

C’est avec détermination et abnégation que ces jeunes africains quittent l’Afrique pour l’Europe : traverser le désert, la mer et ensuite atteindre l’Europe. Ne dit-on pas que dans la vie tout a un prix ? Eh bien dans cette aventure on peut payer le prix fort qui est la vie.Le désert à perte de vue, le sable certainement chaud à cause du  soleil brulant, les groupes armés, les gros serpents du désert,  les scorpions aux piqures mortelles. Tout ce que montre nationale géo sur le désert et qui peut entrainer des cauchemars. Chapeau mes frères ! La mer, cette eau  qui s’étend  à perte de vue, l’affronter avec une pirogue ou un petit bateau à moteur quand je pense aux  requins, les grosses vagues, les tempêtes  franchement il faut être fou. C’est par milliers qu’ils meurent dans le désert de soif ou abandonnés par les passeurs. C’est par milliers qu’on repêche leurs cadavres dans la Méditerranée.

des migrants dans le dessert

Mais rien, ces jeunes africains ne sont pas découragés. Ils y vont  espérant braver tous ces obstacles et faire partie de ceux qui auront la chance d’atteindre l’Europe. La vie de Bengué , qui n’en rêve pas : tour Eiffel, Champs Elysées, MacDo, quoi que bon nombre de ces migrants n’y ont pas accès et sont obligés de faire face à une autre réalité. Désillusion !

Une fois qu’ils y sont en plus de vivre sur le dos du contribuable du pays hôte. Ils  n’oublient pas de dévoiler  leur comportement de djoulabougou  qu’ils n’ont pas manqué de transporter avec eux dans leur bôrô3. Ils n’hésitent pas à défigurer l’allure de certains quartiers, le non-respect des règles. Et ça l’homme blanc n’aime pas. A Paris, l’on m’a montré un quartier que tous les blancs ont été obligé de quitter à cause du manque de savoir-vivre de ces migrants. On parle là de  ceux qui ont réussi à s’insérer d’une certaine manière dans le pays. Il y a également les « cousins » qui sont encore dans les camps pour migrants, Parait-il qu’ils sont très exigeants, sachant de leurs soi-disant  droits au point d’embarrasser leur hôte. Je ne vais surtout pas  oublier ceux qui n’ont pu quitter l’Afrique et dont leur rêve européen  a pris fin au pays  de Mouammar Kadhafi. Et dont les sévices que leur ont fait subir les Lybiens indignent  la planète entière  en ce moment.  Chapeau mes frères ! Il faut vraiment avoir envie d’aller en Europe pour tenter affronter tout ceci. Je pense bien que ces milliers de jeunes sont tous fous. Fous d’un lendemain meilleur,  fous de voir Bengué, fous d’avoir des conditions de vie idéales pour eux et leurs familles car dans leur pays, le rêve n’était plus possible. Sérieusement n’ont-ils pas conscience du danger qu’ils courent ?

Quand l’Europe riposte

L’homme blanc à la suite de ce phénomène  nouveau de migrants a décidé de se protéger ainsi que  sa descendance.

En fait, ils ont tout essayé pour décourager  ces  jeunes africains afin qu’ils ne parviennent pas à eux. Ils ont renforcé la police sur les côtes,  en haute mer, aux différentes frontières. Certains migrants racontent qu’en mer, lorsqu’ils avaient des difficultés, les bateaux ne les secouraient plus.  Ensuite il y a eu  l’emprisonnement de certains migrants. ; Puis le rapatriement. On entend dire même que certains pays européens finançaient des groupes armés dans le Maghreb pour infliger des sévices aux africains afin de les décourager. Mais rien, Ils y vont. Je pense que l’homme blanc doit se demander « c’est quoi cette race ? » une vraie peste.

Mais Le blanc n’a rien compris. Le noir est dans sa logique. La souffrance ne  lui fait pas peur.  Ces jeunes sont déterminés à y aller même au prix de leur vie. L’Europe ou rien. Il y a quelques temps,  j’avais entamé une campagne de sensibilisation sur l’immigration irrégulière à travers les publications que je faisais sur ma page facebook afin de décourager ces jeunes aventuriers. Un confrère est venu dans mon in box et m’a dit clairement : « quel est ce système dans lequel seul les blancs en bénéficient. Ce n’est pas juste nous iront tous profiter de cette vie en Europe. Nous avons contribué au développement de leur continent ». Eh oui, ce phénomène ne concerne pas forcement les sans-emploi et rejetés de la société. Des salariés et fonctionnaires laissaient leur travail pour y aller.

Son argument m’est venu en tête en écoutant  un peu les propos du ministre ivoirien de l’agriculture Mamadou Sangafowa lors du forum des affaires Afrique Europe qui a précédé  le 5eme sommet UE-UA. Dans un panel organisé sur la filière cacao en vue  de le développer afin qu’il soit pourvoyeur  d’emplois : «  tant que l’agriculteur ne recevra que 4%  de ce que paye le consommateur final  nous ne sommes pas encore dans l’équité. » En gros pour une  bonne plaquette de chocolat acheté au supermarché à 2000 Fcfa, le planteur ne touchait que 80 Fcfa. Doit-on comprendre que  l’Europe est  donc redevable à l’Afrique d’une certaine manière ?

Finis les roukasskass  des migrants

Tout le scenario mis en place par les jeunes africains  pour rejoindre l’Europe ne sera plus qu’un lointain souvenir bientôt. L’Europe a décidé de régler ce problème à la source. Il y a une urgence dans le camp européen. Oui, elle préfère prendre le taureau par les cornes pour éviter d’être submergée par ces migrants vu que les dirigeants africains semblent ne pas y parvenir. Ils en ont vraiment marre! Le président de la commission européenne Jean Claude Juncker a déclaré à la conférence de presse de clôture du sommet UE-UA à Abidjan : « L’Afrique est un  jeune continent. Nous accordons beaucoup d’importance aux jeunes raison pour laquelle nous allons utiliser le fond d’investissement extérieur de 44 milliards  pour assister sur place nos amis africains.» Et d’ajouter cette  phrase qui va nous réjouir nous jeunes africains : «  pour les jeunes et les moins jeunes  il faut investir sur place pour donner du travail aux jeunes pour qu’ils puissent trouver leur bonheur  en Afrique. » victoooiiiiiiiire ! l’Eldorado tant convoité en Europe se déplace en Afrique !

Mais entre nous est-ce à l’Europe de venir trouver du boulot pour la jeunesse africaine alors que nos dirigeants clament leur maturité ?

Pauvre Afrique !

 

Bengué. Europe en argot ivoirien

Djoulabougou : terme utilisé pour définir les bas quartiers en argot ivoirien

bôrô: sac en malinké

roukasskass : chorégraphie effectuée dans le coupé-décalé, genre musicale ivoirien qui demande de la souplesse dans les membres

 


Les hôtels, mon métier et moi (2) : le nouveau départ

Après trois mois d’absence, Odonou Lucas est de retour à Abidjan. Il m’a appelé pour qu’on se voie. Honnêtement, vu la manière dont nous nous sommes séparés la dernière fois, je n’avais aucunement envie de revoir sa tronche. Mais face à son insistance, j’ai dû m’y résoudre. Après tout, l’erreur est humaine. Pourquoi pas un nouveau départ ?

Un autre rendez-vous est pris pour un nouveau départ. Mais cette fois, c’est moi qui dirige tout. J’ai pris soin de choisir un endroit autre qu’un hôtel. J’ai opté pour un glacier. J’adore les glaces, surtout celles au chocolat noir ! Comprenez-moi, au moins je peux me vanter avec 1.566.705 tonnes en 2016 d’être ressortissante du premier pays producteur mondial de cacao, cette matière première servant à faire le chocolat.

glace au chocolat: image pris sur le web

Pour ne pas avoir de surprise désagréable, j’ai fixé la rencontre à 17h, une heure raisonnable et j’étais là dix minutes plus tôt. A 16h58 minutes, Lucas fit son entrée dans le glacier. Il me salue d’un air timide avant de s’asseoir en face de moi. Je sentais une petite gêne dans ses yeux lorsque nos regards se croisaient. Du coup, j’ai essayé de détendre l’atmosphère en lui souhaitant la traditionnelle akwaba* avec un grand sourire. Mais c’était peine perdue : il avait toujours ce malaise sur son visage.D’ailleurs, il m’a avoué être à Babi* depuis deux semaines et c’est seulement maintenant qu’il a eu le courage de me contacter.

Je ne vous cache pas que j’aimais bien cette gêne dans son regard qui l’empêchait de me regarder droit dans les yeux. Ça m’amusait.En me remémorant la dernière séparation,  j’avais envie de rire.Lui se jouant le danhéré* avec son verre de whisky en main, attendant de profiter de la «marchandise» avec un air un peu hautain. Et là, je le retrouve en position de faiblesse devant moi ce soir… Huuuum !

Le passé c’est le passé

Au fait, je pense que vous avez le droit de savoir comment j’ai pu me sortir de cette situation humiliante d’il y a quelques mois. Bien évidemment je me suis jetée sur lui en le traitant de tous les noms … Non, je rigole.

J’étais tellement surprise par les événements qu’au lieu de me comporter comme une vraie femme en lui gueulant ou criant dessus et faisant du scandale, j’ai juste refermé la porte derrière moi, et me suis dirigée vers l’ascenseur tranquillement. Dans le taxi qui me ramenait à mon « entrer-coucher »,* mille et une questions me revenaient encore en tête. Comment a-t-il pu penser une chose pareille ?

Mais bon, c’était il y a trois mois, j’ai quand même eu le temps de digérer ce malentendu.Lucas n’as pas voulu tourner autour du pot et est allé droit au but après qu’il ait goûté au cocktail que la belle serveuse venait de lui déposer.

  • Je suis désolé pour ce qui s’est passé la dernière fois. En réalité je n’ai vraiment pas de mot juste pour te présenter mes excuses. Mais je tenais à le faire, je me disais que les mots viendraient tout seuls une fois en ta présence mais je pense qu’ils m’ont vraiment lâché.Pardon ! Avait balbutié Lucas.

J’ai pris le temps d’écouter son speech. A dire vrai, j’avais déjà tout digéré, j’étais là juste pour la forme.Mais j’avais l’occasion de lui poser la question qui me taraudait depuis tout ce temps.Je n’ai pas hésité:

  • Ok, mais je veux bien savoir comment vous avez pu pensez à une chose pareille à mon sujet ?
  • Je ne sais pas si j’ai manqué de discernement avec toi mais je trouve que les filles qui font le trottoir ne sont pas des professionnelles. Les vraies sont passées à une autre étape.
  • Elles ont des stratégies émergentes alors pour utiliser le terme en vogue? C’est ça ? Lui avais-je demandé.
  • (rire) Je ne vous apprends rien je suppose qu’avec votre métier, vous devriez le savoir. Mais te concernant je pense que j’ai tiré la mauvaise conclusion.

Lucas m’a raconté que mon comportement éveillait des soupçons. »Les préservatifs, le gel douche, ta présence dans des hôtels à des heures indues, ta manière de parler à voix basse. En faisant le rapprochement, Je me suis dit que tu m’envoyais un signal. » Avait-il précisé.

La gêne de mon interlocuteur disparaissait au fur et à mesure qu’il parlait. Il m’avoua que je lui avais tapé dans l’œil depuis le premier soir, d’où les phares braqués sur moi pour mieux me regarder.Mais il s’était également demandé de son côté comment je pouvais me prostituer au lieu de chercher un boulot raisonnable.

  • Et même si je le faisais vraiment, est-ce une raison de traiter une femme de la sorte ? «rassures toi,  tu seras payée. Peut-être même au-delà de tes espérances.» Ce n’est pas digne d’un gentleman bon enfin si tu l’es.

Lucas continuait son déballage, me précisant qu’il avait souvent pensé à moi depuis le soir devant la pharmacie.Il dit avoir été frustré par le fait que je l’évitais, raison pour laquelle il s’est comporté de la sorte avec moi.

-si les autres payaient pour coucher avec toi pourquoi me faire tourner en rond. Mais rassure toi, je ne m’étais jamais comporté ainsi avec une femme y compris  celles que je payent pour … Mais depuis je suis vraiment soulager que tu ne sois une P … Même si j’ai un peu honte je suis content de te revoir.

Mon interlocuteur avait beaucoup parlé et c’était à mon tour de lui dire quelque chose :

-J’accepte tes excuses. Et comme je te l’avais dit la dernière fois, je suis journaliste, raison pour laquelle je suis la plupart du temps dans les hôtels mais à des cérémonies. C’est à ces endroits qu’ont lieu les manifestations. J’en ai profité pour lui expliquer ce qui a fait la cause du quiproquo. J’ai donc mentionné que j’avais reçu les préservatifs suite à une visite que j’avais effectuée au CHU de Treichville. Concernant l’hôtel Tiama, je venais remettre de l’attiéké* à un confrère guinéen qui rentrait ce jour même chez lui et devait donc quitter l’hôtel à 8h pour l’aéroport : d’où ma présence à cette heure matinale pour qu’il ait le temps de les ranger. Pour le dernier appel, je sortais d’un dîner avec plusieurs autres confrères et le service de communication d’un ministre pour une future mission.

  • Autres préoccupations ? lui avais-je demandé avec un air moqueur
  • NON

Le nouveau départ

La conversation avait continué et puis nous avions commencé à discuter de tout et de rien comme si nous nous étions toujours  fréquentés. J’étais à ma 3ème glace au chocolat en 1h. Subitement, je me suis rendue compte quand il riait qu’il avait une belle dentition. Je découvre aussi qu’il n’est pas mal comme mec.

Et puis, pendant que j’y pense, j’ai eu le temps de l’admirer véritablement lorsqu’il rentrait dans le glacier. En cinq secondes je l’avais passé au scanner. Il était tout frais comme s’il venait de prendre une douche. 1m96 environ, une petite couronne grisonnante montrant bien sa maturité. Sa masculinité s’affichait par un buste bien ferme. J’imaginais le nombre d’heures qu’il passait en salle pour avoir un tel corps. Aucune graisse au niveau du ventre.On était tous les deux détendus et nous tapions dans la main en discutant. Il m’apprit qu’il était veuf depuis 3 ans avec un petit garçon de 5 ans. Voilà maintenant trois heures que nous étions là et n’avions pas vraiment envie de nous séparer. Nous avions convenus de dîner ensemble dans quarante-huit heures.

Il parait que les vraies amitiés commencent toujours par une bagarre. J’aimerais savoir comment les vraies histoires d’amour commencent parce que nous en sommes déjà à deux bagarres en trois rencontres. Et apparemment ça commence à « coller » entre nous. Je pense que c’est un nouveau départ.

Fin !

 

*Akwaba : la bienvenue

*Attiéké : semoule de manioc

*Babi : Abidjan

*Entrer-coucher : studio à l’ancienne,sans toilettes ni cuisine

*Danhéré : dangereux en argot ivoirien


Les hôtels, mon métier et moi (1): confusion

les hôtels, j’y suis régulièrement pour des raisons professionnelles. J’ai souvent connu des situations embarrassantes dans l’exercice de mon métier : humiliation par une autorité, bousculade par un bodyguard,  mais je ne m’étais jamais   imaginée dans  celle la.

 Les hôtels et moi

Les Hôtels à Abidjan j’en connais assez ! J’y passe beaucoup de temps et surtout les grands de la ville. Tout s’y déroule : conférences, débats colloques  auxquels je dois nécessairement assister. Les hôtels sont   également les lieux indiqués pour mettre la main sur « les grands » du pays. Sur les 7 jours de la semaine je fréquente les hôtels au moins 5 jours et même parfois 6 /7. C’est bien sûr pour le boulot… J’oubliais de préciser, je ne suis pas hôtelière.

mon arsenal de travail

A part travailler dans  le domaine de l’hôtellerie, quel autre métier pourrait emmener une jeune femme à passer la claire partie de son temps dans un wottro*?
Cette question je suppose qu’ Odonou Lucas se l’ai posée sauf qu’il a dû  choisir la mauvaise réponse. Depuis notre première rencontre qui remonte à  plusieurs mois, nous n’avons vraiment pas eu le temps de nous revoir. D’ailleurs cette rencontre ne s’est pas faite de la meilleure des manières.

A la descente du boulot un soir, je fais un tour à la pharmacie pour prendre des cachets  à cause d’une migraine qui ne me lâchait pas depuis l’après-midi. Il fallait que je la traite pour ne pas avoir à me réveiller avec la douleur le lendemain matin.

Odounou Lucas, lui faisait sa manœuvre pour sortir du parking un peu fourni de la pharmacie à cette heure de pointe. Comme il n’éteignait pas ses phares qu’il avait braqués  sur moi depuis  un moment. Je me suis mise en colère et  l’ai menacé avant de rentrer dans l’officine.

 La fausse baoulé

10 min après, alors que je ressortais de la pharmacie une voiture me klaxonna dessus avant de me faire signe de m’arrêter. Mon dammage* à pousser le véhicule à  me dépasser puis garer un peu plus  loin devant moi. Le conducteur attendait que j’arrive à son niveau. Dès que j’atteignis la voiture, le mec ouvre la portière, descend  de la voiture et se présente. Surprise par son geste, je m’arrête un instant avant de décliner mon identité. Mais lui semble étonné quand je dis mon nom et le répète :
-Yao Raïssa ?
-Oui … mon nom   vous pose problème ?
-Non, mais si vous êtes originaire du centre de la Cote d’Ivoire, je pense sincèrement que vous n’avez pas l’attitude d’une  femme baoulé.
-Ah bon ?
D’après son explication bien que j’ai un nom du centre du pays, je n’ai pas le tempérament doux et calme qui caractérise les femmes de cette région. J’avais plutôt celui de celles de l’ouest du pays, un tempérament chaud. En sus, il estime que  mon prénom   «  a une consonance nordiste » avait-il ajouté.

En fait  Odonou Lucas  n’est pas ivoirien. Il est d’origine béninoise. Cependant il avait fait  son collège à Divo dans l’ouest du pays. Son second cycle, il le fait  à Yamoussoukro dans la capitale politique ivoirienne. Il a donc côtoyé le peuple baoulé auquel j’appartiens et confirme que c’est un peuple facile  et accueillant quant aux femmes, il atteste leur douceur et leur calme. Alors pourquoi cette agressivité  de ma part? m’interrogea-t-il
-Je suis l’exception qui confirme la règle. Lui avais-je répondu…

Notre conversation avait donc pris fin sur l’échange des numéros et depuis, Nous nous sommes contentés de communiquer via le téléphone ou encore les réseaux sociaux à cause des emplois du temps qui ne concordaient pas donc difficile de se revoir.

Le sac au contenu douteux

Au fait, pendant notre courte discussion, en voulant ranger le médicament que j’avais en main, mon sac qui n’était pas fermé tomba aux pieds de mon interlocuteur et le contenu se vida laissant paraitre plusieurs préservatifs qui s’éparpillaient sur le sol.  J’avais également un gel douche d’un hôtel dans mes affaires … La honte !

le sac au contenu douteux

Je les ramassai et les remis tous dans mon sac tout en évitant le regard surpris de l’interlocuteur qui venait d’étouffer un cri. Heureusement que la conversation ne prit pas beaucoup de temps.
Deux jours après notre rencontre mon nouvel ami  m’appelle à 7h du matin pour prendre de mes nouvelles. » Je suis à l’hôtel Tiama. Peux-tu me rappeler plus tard » Lui avais-je répondu  à voix basse. Pour le second appel, il était 22h. Après les salutations je lui dis tout doucement que je le  rappellerai incessamment parce qu’étant à l’hôtel « bellecote ». Quant au  3ème  appel après notre rencontre, c’est moi qui l’ai émis pour lui présenter mes excuses de n’avoir pas pu le joindre la veille alors que je hélais un taxi. Mon interlocuteur a donc entendu à l’autre bout du fil quand  je parlais au taximan.   » Résidence Koriet ». Le même soir il m’envoya un sms pour me demander  de lui indiquer un hôtel  en zone4 ou il  avait un rendez-vous, ce que je fis brillamment.

Quiproquo !

Après plusieurs rendez-vous qui n’ont pu se concrétiser, Lucas m’annonce qu’il part en voyage pour une longue période et aimerait que malgré nos plannings chargés, que nous nous voyions avant son départ, j’accepte de faire ce sacrifice.
La rencontre est donc prévue au café d’un  hôtel, que je connais d’ailleurs.  eh oui, encore un hôtel. Sauf que j’arrive avec 30min de retard. Quand j’appelle  Lucas pour lui faire part de ma présence, il me demande de le rejoindre au 3ème  étage parce qu’il était monté pour passer un coup de fil important vu qu’il m’avait assez attendu. Sans arrière-pensée, je suis ses instructions… Je monte au numéro de chambre indiqué. Il m’avait précisé qu’elle n’était pas fermée et que je pouvais rentrer sans frapper. Mais lorsque je pousse  la porte  déjà entrouverte,  je me retrouve  nez à nez avec Lucas tout nu, sirotant un verre de whisky. Toute confuse mon premier réflexe est de ressortir  tout en lui présentant mes excuses.
–  Je suis vraiment désolée….
–  Non reste ! Je t’attendais ainsi c’était pour ne pas qu’on perde du temps. J’ai un avion à prendre tout à l’heure.
-Qu’on gagne du temps ? Pour quoi ? Et pourquoi êtes-vous nu comme un ver de terre ?
-Attends, rassure toi,  tu seras payée. Peut-être même au-delà de tes espérances. Ton enveloppe est déjà  sur la table.
-Quoi ? Vous plaisantez j’espère. Payer à quoi faire ?  Vous pensez que je suis une prostituée ?

D’un air ébahi, il me regarda quelques secondes avant de redescendre sur terre.

-Merde ! Je me trompe ? me demanda-t-il

-Oui ! Et sur toute la ligne d’ailleurs. Je suis JOURNALISTE….

 

…La suite dans le prochain billet.

 

*wottro : hôtel en argot ivoirien

*dammage : ignorer en argot ivoirien


Lutte contre le Franc CFA : Kémi Seba marque son coup !

 

kemi Seba brulant un billet de 5000 f cfa à Dakar le 19 août

Arrêté le 25 août dernier à son domicile  à Dakar pour avoir brulé un billet de 5000 franc cfa lors d’un meeting, le panafricaniste Kemi Seba a été relaxé ce 29 Aout .Il encourait au moins 5 ans de prison pour cet acte qui restera gravé à jamais dans l’histoire.

Kemi Seba, le billet de 5000 fcfa et le briquet

Kemi Seba  a  marqué un gros coup dans son combat contre le franc Cfa et son objectif j’en suis sûre a été atteint. En consumant un billet de 5000 f cfa le 19 août  2017 à l’aide d’un briquet  devant le monde entier, il avait bien ficelé son coup. Le choix de la ville, Dakar ! Reconnaissons que brûler un billet de banque dans la capitale qui abrite le siège de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), garant de cette monnaie est vraiment de la provocation. Il aurait fallu être un lâche pour ne pas y répondre.  Et vous avez bien constaté que la BCEAO ne l’est pas. Son acte ! Enflammer  un billet de  banque auquel l’on attribue un caractère spirituel et culturel  sur un continent ou des milliers de personnes ont du mal à s’assurer un repas quotidien ; avouons que c’est choquant. Pourtant  Kemi Seba l’a fait.

Le coup de pouce de la BCEAO

En quelques heures le geste du franco-beninois a fait le tour du monde via les réseaux sociaux rouvrant les discussions sur « l’avenir » du franc Cfa. Le débat atteint son apothéose lorsque Kemi se fait arrêter suite à une plainte de la BCEAO.  A ce moment-là ; même les bobo* du net se sont prononcés sur la question. Chacun y allait de son interprétation et de son commentaire. « Détruire un billet de banque n’est pas considéré comme une destruction de bien d’autrui, car le billet appartient à son porteur et non à la banque » a déclaré Toussaint Alain un autre panafricaniste.

En plus il ne sera pas le premier à avoir effectué cet acte. En 1984, Serges Gainsboug, chanteur français, brule un billet de 500 francs en pleine émission télévisée pour protester contre l’impérialisme .Nelson Mandela a également eu recours au feu pour bruler en 1952 son passeport pour dénoncer le fait que l’apartheid montrait les noirs comme des citoyens de seconde zone. C’était des gestes symboliques.

En plein dans le mille

Colloques, séminaires, conférences sont organisés depuis plusieurs années  par certains  panafricanistes  en Afrique mais aussi en Europe afin de susciter l’abandon du FCFA. L’argument majeur : l’Afrique ne sera véritablement indépendante que si et seulement si, elle se séparait de cette monnaie coloniale. Mais rien ! D’ailleurs les chefs d’Etat africain affirmaient il y a quelque mois à Abidjan lors d’un sommet de l’UEMOA que le franc Cfa se portait bien parce qu’arrimé à l’euro.

70 ans qu’existe le FCFA alors que les pays l’utilisant ont au moins 50 ans d’indépendance. Quant au franc français auquel il était arrimé, il a disparu laissant place à l’euro mais le franc CFA demeure. Il a vraiment la peau dure.

Malgré les nombreux efforts des «  anti-Cfa », il a fallu le geste de Kemi Seba prennant un briquet et enflammant ce billet vert pour que le débat quitte le rang des économistes, panafricanistes et s’étende à la grande majorité des « héritiers » de cette monnaie : la jeunesse africaine.

 OKLM* le panafricaniste.

Apres 4 jours de détention, Kemi Seba a été relaxé le 29 Aout, après avoir demandé pardon lors de son plaidoyer pour l’acte qu’il avait commis. Certains disent qu’il est faible et qu’il aurait pu faire la prison pour être un héros au lieu de se remettre en cause. Mais à quoi bon ?  Il y a un proverbe baoulé* qui dit «   l’eau versée  ne peut être  ramassée ». Kemi a versé l’eau, par son geste, mais ne puis  la ramasser parce que déjà fait. Cependant, il a demandé pardon,  a été relaxé et  son message est passé. Il  a obtenu gain de cause.

Il était conscient de ne rien changer sur  le champ. De toute façon seul face au système il ne pouvait rien. Mais  choquer le nègre pour une prise de conscience il l’a réussi. Le débat a connu une avancée. Une chose est Claire après cette vague de  vieux  présidents africains au pouvoir, considérés comme  des  » préfets de la France  » le franc cfa disparaitra certainement. Mais je retiens la chute de l’analyse d’un confrère journaliste « sachons nos priorités et le vrai combat. Celui contre le CFA est une bataille noble mais qui ne vient pas à son heure. Il y a de grandes batailles à gagner d’abord ».

Kemi Seba.. Chapeau pour ton courage !

  • bobo: muet en argot ivoirien
  • OKLM: au calme


L’école ivoirienne se meurt

L’école ivoirienne se meurt.Des élèves en classe de 3eme ont  indiqué la profession qu’ils aimeraient exercer à la fin de leurs études. C’est scandaleux !

 

Des images qui circulent sur le net  en ce moment sont de nature à couper le souffle. J’ignore la période à laquelle elles ont été prises ni pourquoi elles sont publiées en pleines vacances scolaires mais  «  ya problème »*

Les failles de l’école ivoirienne

Des élèves en classe de 3ème ont renseigné dans un formulaire  leur profession de rêve après leur études: « cecretaire de banque, insustrice , infirmieur , pillôte, espect compatble , jean d’arme, edicatrice ,gandarme , contable,  Au teste de l’air » … Je m’arrête là pour ne pas avoir à vous donner la migraine. Vous aurez compris que ces élèves  voulaient plutôt dire : secrétaire, institutrice, infirmier, pilote, expert comptable, gendarme, hôtesse de l’air …

professions envisagées par les élèves de 3ème

L’école ivoirienne est dans un coma cérébral. La dernière étude économique de la banque mondiale sur la Côte d ’Ivoire en février 2017 a révélé de nombreuses défaillances dans le système éducatif ivoirien. L’étude note : Fort taux de redoublement, faible taux d’enfants scolarisés, très faible niveau des élèves en mathématiques comme en  français  ce qui signifie qu’ils ne seront ni littéraires, ni scientifiques comme on aime le dire au second cycle. Les adolescents ne fréquentent pas suffisamment l’école  secondaire … le fort taux d’abandon et de redoublement des élèves, le fait que les élèves ne sachent pas lire, ni compter convenablement à la fin de l’école primaire.

 

 

L’émergence menacée…

Une amie d’enfance, aujourd’hui professeur de lycée m’a confié que ces enfants « arrivent au collège sans qu’ils ne sachent véritablement écrire leurs noms. Pis, plusieurs d’entre eux ne savent pas écrire. » Elle a  confessé avoir même la migraine après avoir corrigé leurs devoirs. «  Leurs copies sont illisibles » m’a t-elle confié désespéré. Elle était simplement scandalisée.

Cette étude  précisait  également qu’il serait  difficile pour la Cote d’Ivoire  de compter sur ce capital humain pour atteindre l’émergence. D’ailleurs sur un classement de 178 pays concernant le développement du capital humain, le pays occupait la 172ème place.

Francis Ndem, spécialiste de l’éducation de la Banque Mondiale  avait donc préconisé une performance des enseignants, améliorer le système des subventions des écoles privées et une amélioration des dépenses publiques au sein du secteur de l’éducation qui parait indispensable.

D’un autre côte, Kandia Camara la ministre de l’éducation nationale n’a pas caché sa stupeur face à cette étude. Cependant elle a  indiqué que les efforts du gouvernement dans le domaine de l’éducation sont énormes. « Le pays y investit 5% de son PIB ,  en donnant du matériel nécessaire. Le salaire des enseignants a été doublé pour les motiver ».

Apres ces résultats, elle a multiplié réunions, discussions, entretiens avec ses collaborateurs. Elle avait  même prévu de rassembler tous les acteurs du système éducatif lors d’un séminaire que son ministère comptait dans  les mois à venir organiser  ( je ne sais s’il a eu lieu ) afin de trouver des solutions idoines à l’école ivoirienne qui se meurt.

Les réformes du siècle !

Après toutes ces consultations, la ministre donnait deux mois, plus tard en avril les reformes pour la rentrée scolaire 2017- 2018 censées contribuer à sauver l’école ivoirienne. Apprécions ensemble :

Les enfants en classe de CP1, CE1, et CM1 passent automatiquement en classe supérieure. Pour ceux de CP2 et CE2, l’enfant passe si sa moyenne générale annuelle  (MGA) est supérieure ou égale à 4/10. Quant au secondaire, les élèves de la 6eme a la 3eme, il faut 9/20 pour aller en classe supérieure.

Dites moi,  la ministre, elle est sérieuse ? Parce que moi avec ces réformes là,  je vois la Cote d’ivoire être 178ème / 178 lors du prochain classement sur le développement du capital humain. Et vous ?

 


Accès à l’information publique : l’UNBCI à l’école de la CAIDP

Le blogging est un baromètre de  démocratie.  En vue de former les blogueurs sur ses activités  et ses prérogatives, la Commission d’accès à l’information d’intérêt public et aux documents publics (CAIDP) a organisé un débat  le 1er juillet dernier avec l’Union Nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire (UNBCI). Les échanges ont porté sur le thème «  accès à l’information publique : un moyen de contrôle citoyen ».

le cliché après la fin des travaux
photo de famille entre les membres de la CAIDP et l’UNBCI

 

« Quelle administration en Côte d’Ivoire répond à un  courrier ? » Telle est la question posée par un journaliste  qui dans l’exercice de sa fonction s’est à maintes reprises heurté aux refus de plusieurs organismes publics de lui donner une information  ou même à l’abstention de ceux-ci de répondre aux courriers qu’il leurs  adressait. Son intervention survient suite au  relais fait sur les réseaux sociaux de la rencontre CAIDP-UNBCI par les blogueurs. Une autre s’interrogeait sur la mise  « à  disposition des citoyens surtout dans les villages, du programme ou des missions qui attendent les élus  locaux de sortent que ces citoyens puissent contrôler les actions de leurs élus ? »

Selon Ballet –N’Guessan responsable juridique de la CAIDP tout citoyen a droit à l’information publique et aux documents publics, cependant l’obtention de ces information doit se faire sous demande écrite à la  plus haute responsable de l’institution administration concernée. Il a spécifié que le délai de réponse est de 30 jours pour le citoyen ordinaire et de 15 jours pour les journalistes. Il précise en outre qu’en cas de refus ou d’expiration du délai indiqué, le citoyen a le  droit de faire un recours au niveau de la CAIDP qui reprendra le dossier en main. Cependant il mentionne que « les différents recours de rejet de demande à l’information publique sont apprécies au cas par cas au niveau de la caidp »

Concernant la seconde question Koné Mamadou  le secrétaire General explique que son  l’institution avait l’intention de faire le tour du pays afin de vulgariser la loi à l’accès à l’information et sensibiliser les populations. «  Elle aurait pu se faire cette année mais  nous  avons fait face à une contrainte budgétaire ».

Et de préciser «  faites-nous confiance… notre rôle est de veiller à l’application de cette loi. »

La CAIDP tire sa légitimé de la  Loi N° 2013-867 du 23 décembre 2013 relative à l’accès à l’information d’intérêt public.  L’article 6 du chapitre 2 mentionne « les documents publics sont communicable, notamment les dossiers, rapports, étude, document d’orientation ou de politique publique, compte rendus, procès-verbaux, statistique, directives instructions, circulaire, notes de service, avis, prévision, décidions et réponses ministérielles qui comportent une interprétation des procédures administratives » 

C’est une est autorité administrative indépendante qui a pour mission notamment de s’assurer du respect par les organismes publics, du droit des personnes d’accéder sans discrimination aux informations et aux documents d’intérêt public – de la conservation et de la gestion de leurs données par les organismes publics de manière à favoriser l’exercice du droit des personnes,  d’accéder a l’information d’intérêt public.

Quant à Moussa Bamba président de l’Union Nationale des blogueurs de Cote d’Ivoire, association qui a pour but de promouvoir le blogging en Côte d’Ivoire, il soutient qu’il est important que ses membres soient bien informés, bien renseignés afin de mener à bien leur activité  qui consiste d’une part à véhiculer l’information via les réseaux sociaux. Ainsi, cette formation « vient à point nommé dans la mesure où elle nous oriente sur les recours que nous avons pour pouvoir accéder à l’information juste, à l’information publique » a-t-il indiqué


Paris – Abidjan : un pont nous est né

Centre culturel Français d’Abidjan ! La dernière fois que j’y avais mis les pieds, c’était il y a 3 ans. Je devais  remplir les formalités d’usage en vue de faire des études de journalisme en France. Campus France la structure  chargée d’orienter les étudiants dans ce cas,  y avait ses locaux.

Apres deux refus de visa sans motivation, malgré la bourse d’étude que je possédais , j’avais résolu, frustrée comme jamais  de briser de manière unilatérale l’alliance qui « nous » (les baoulés)*  lie à la France. ALLIANCE, oui parce que naturellement en pays baoulé, on considère qu’il y a une alliance entre le blanc précisément le français et  ce peuple. Pour le développement de ce  volet, affaire à suivre…

Et donc, pour m’avoir refusé ce visa, j’avais « couper l’igname » avec la France  parce qu’elle venait de briser mon plus grand rêve à cette époque .

De ce fait j’avais décidé de ne plus mettre les pieds a ces deux endroits : ni au Centre culturel Français, ni a l’ambassade de France, encore moins y faire une quelconque demande. Eh oui j’avais la rage là !

De passage  dans la commune du Plateau où se trouvent  ces établissements , J’évite de les regarder et même de passer devant.  Ridicule peut être mais c’était ma manière à moi de manifester mon mécontentement.

Mais pour raison professionnelle, j’étais obligé ce 31 octobre, 3 ans après  le divorce   de remettre les pieds dans ce centre culturel français. Et  là,  J’ai failli ne pas reconnaitre l’endroit… Waou ! Il avait tellement changé.

manuel-valls_1

Comme un jeune amoureux qui revoyait sa dulcinée radieuse après une dispute, ma colère venait de tomber subitement.  En voyant cette nouvelle bâtisse, mon « goumin » venait de disparaitre.

Depuis la clôture en passant par le hall tout avait été renouvelé. Plusieurs salles avaient été construites . Et  la bibliothèque toujours bien garnie. C’était la plus grande de la sous région. J’étais vraiment épatée. J’avais désormais affaire à l’institut français d’Abidjan.

D’ailleurs c’est pour son inauguration en tant qu’institut français que j’avais fait  la queue  plus d’une  heure. Et cela devrait se faire par le premier ministre français Manuel Valls présent à Abidjan quelques jours auparavant.

«  C’est  le cœur de la France qui bat à nouveau en Cote d’Ivoire… Il faut bâtir un pont entre l’Afrique et l’Europe et ce pont c’est la culture, c’est l’institut français » a déclaré le premier ministre français.

Il a également souhaité que les étudiants africains partent faire des semestres en Europe et vice versa. Et de préciser que depuis sa nomination en tant que premier ministre en 2012, tout était mis en œuvre pour « lever les  obstacles absurdes qui entravaient la venue d’étudiants étrangers  en France et en particulier celle des étudiants africains »

 Bref j’ai passé cette étape. Et comme-ci j’avais vraiment passé l’éponge sur tout, j’ai également fait une nouvelle demande de visa le 4 novembre dernier et cette fois  pas en tant qu’étudiante mais  touriste.

De retour de Madagascar, où se tiennent les 45ème assises de l’Union de la Presse Francophone (UPF), j’ai décidé de m’arrêter 2 jours à Paris pour visiter cette ville de lumière parce que  la délégation ivoirienne doit passer   par la France vu que c’est là qu’elle prend la correspondance pour Madagascar. J’ai donc demandé un visa court séjour.

Deux jours pour vérifier si  oui ou non la tour Eiffel est en rouille. Certains de mes amis l’affirment en tout cas. J’espère pourvoir donc même si je ne suis plus étudiante, passer par ce pont qui vient d’être construit par le biais de Manuel Valls.

Le discours a été prononcé,  reste à savoir s’il est en adéquation avec les faits !

Baoulé : peuple du centre de la Cote d’Ivoire

* « couper l’igname » : traduction littéral d’une expression en baoulé qui signifer : séparation divorce, rupture

*goumin : douleur, chagrin en nouchi : argot ivoirien

 


Nouvelle Constitution ivoirienne: le projet est accepté en plénière, les opposants attendent sa chute

Les députés ivoiriens ont adopté ce mardi 11 octobre  le projet de loi portant nouvelle Constitution. L’hymne national entonné par les députés après la proclamation  des résultats  du vote  sur l’avant-projet de nouvelle  Constitution n’a pas été chanté par l’honorable Gnangbo Kakou. « On tue un parent qui vous est chère et puis on entonne l’Abidjanaise » déplore le député d’Adiaké à la sortie de l’hémicycle.

Le projet de loi portant nouvelle Constitution présenté le 5 octobre dernier par le Président de la République à l’Assemblée Nationale a été adopté par la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles (Cagi) le vendredi 7 octobre. Ce  mardi 11 octobre, il a été approuvé en plénière. Sur 249 votants, 8 députés ont voté contre, 2 se sont abstenus et 239 ont voté pour.
Toujours déçu Gnangbo Kakou estime qu’ «  On bâcle nos valeurs…. Cette Constitution n’est pas vertueuse. Elle n’est pas futuriste. Sur tous les articles il y a une anomalie. Sa durée de vie n’excédera pas 2020 ».

Alfred Kouassi, député de Pacobo lui voit les choses autrement. Il fera  la promotion du « OUI » dans sa circonscription. Il soutient la vision  du Président de la République « qui entend laisser un pays stable parce que nos institutions ont été très déstabilisées à un moment donné avec les coups d’Etat et autres. Aujourd’hui avec la Constitution que nous mettons en place, tout cela est réglementé » estime-t-il.
Le député Mahi Clarisse de Bin-Houyé dit être « Fière de l’Assemblée

Nationale qui malgré les mauvaises intentions qu’on lui prêtait » a travaillé avec abnégation sur ce projet avant de l’adopter.

Aka véronique député de Bongouanou se réjouit quant à elle, de ce que leurs amendements ont « été pris en compte ». «  Je  crois que nos amendements ont été pris en compte. Le Président de la République pouvait faire cette Constitution sans passer par l’Assemblée Nationale », soutient-elle. Selon elle, pour le vote en plénière de ce texte, les députés ont mis 3 heures de temps afin de vérifier si les modifications faites en commission avaient été prises en compte.
«  Nous avons le sentiment du devoir accompli », a indiqué à la fin de la séance Guillaume Soro, le Président de l’Assemblée Nationale. Me Ahoussou Jeannot,  parlant de l’opposition a saisi l’opportunité pour la tancer.

« Malheureusement l’opposition est incapable de faire une offre sérieuse aux ivoiriens. Ce sont des querelles intestines. Vous avez vu, même Affi N’Guessan a tenté une marche. La marche était assez maigre reflétant l’état de dépérissement l’opposition », a-t-il déploré.
Le 30 octobre prochain, le peuple ivoirien se prononcera à son tour  sur cet avant-projet désormais projet de Constitution afin de décider s’il accepte ou non  de partir pour la 3eme République.

Cet article a été également publié sur Politikafrique.info


Avant projet de constitution: Linas Marcoussiss a-t-il été respecté?

Le projet de loi de la nouvelle Constitution ivoirienne était censé se baser sur les accords politiques de Linas-Marcoussis de janvier 2003.

« Au niveau institutionnel, cet avant-projet de Constitution reprend intégralement  les conditions d’éligibilité à la présidence de la République, telles que convenues, en 2003, par l’ensemble des acteurs politiques, lors de la table ronde de Linas-Marcoussis » a déclaré Alassane Ouattara le 5 octobre dernier face aux députés lors de sa présentation du projet de loi de la nouvelle Constitution. C’était  à l’occasion de la cérémonie solennelle d’ouverture de la 2ème session ordinaire de l’année 2016.

Les accords politiques de Linas-Marcoussis signés en janvier 2003 avaient pour objectif de ramener la stabilité en Côte d’Ivoire qui connaissait une crise sociopolitique depuis le 19 septembre 2002. Ces accords devaient aboutir à une nouvelle Constitution par la  modification de certains articles notamment le 35 qu’une grande partie de la classe politique trouvait «confligène».
Les modifications apportées à cet article lors de cette table ronde prévoyaient que « le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, rééligible qu’une seule fois. Il doit jouir de ses droits civils et politiques. ». Le texte de Marcoussis précise  également que le candidat doit « être âgé de trente-cinq ans au moins. Il doit être exclusivement de nationalité ivoirienne de père ou de mère ivoirien d’origine. »

Il fait cas du plancher d’âge qui devait passer de 40 ans, prescrits dans la Constitution de 2000, à 35 ans. Ces différentes réformes constitutionnelles devaient intervenir dans «  les meilleurs délais. » Mais ce ne fut pas le cas.

Le candidat à la présidentielle d’octobre 2010, Alassane Ouattara, en a fait une promesse de campagne. «  Je m’étais engagé lors de la campagne présidentielle de 2010, à doter notre pays d’une nouvelle Constitution, celle de la troisième République » a soutenu le Président Ouattara ce 5 octobre devant les députés, tous ou presqu’acquis à sa cause.
Selon le projet de la nouvelle Constitution présenté, les points évoqués au niveau de l’article 35 de l’ancienne Constitution apparaissent désormais à l’article 55. A l’exception des différents points sus-évoqués, à savoir le plancher d’âge, au niveau des conditions de nationalité, on constate que le verrou d’âge en ce qui concerne le plafond qui était fixé à 75 ans en 1995, dans la Constitution sous le pouvoir Bédié, n’existe plus. Ce point n’a pas été mentionné à Linas Marcoussis.

Innovation de taille depuis Félix Houphouët-Boigny, l’instauration d’une vice-présidence.
« Il choisit un vice-Président de la République, qui est élu en même temps que lui » précise l’article 55 du projet de loi. Le rôle de ce vice-président sera de suppléer « le président de la République lorsque celui-ci est hors du territoire national… » Linas Marcoussis n’a pas non plus exigé un vice-président pour la sortie de crise. Et d’ailleurs, qui choisit? Le candidat à l’élection présidentielle ou le Président élu? Nuance avec ce « il » qui ne renvoie à personne pour l’heure.

A ce changement, il faut ajouter celui de l’article 85 avec la création du Sénat, représentant les collectivités territoriales et les ivoiriens de l’extérieur.  « Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement. Le parlement est composé de l’Assemblée Nationale et du Sénat ». Le sénat dont un tiers des sénateurs est nommé par le Président de la République.
Ce document présenté aux députés fera l’objet de débats, corrections et amendements,  ce vendredi 7 octobre, à l’Assemblée Nationale.
Selon le président Alassane Ouattara, l’objectif de cette nouvelle Constitution est « de donner au pays un acte constitutionnel plus moderne qui renforce les droits et devoirs de tous les citoyens afin qu’elle prenne en compte les préoccupations des uns et des autres. »

Joint par telephone, Geoffroy-Julien Kouao, Enseignant de droit Constitutionnel, politologue a expliqué qu’ «  employé par les juristes le terme renvoie à une nouvelle Constitution, par contre avec les politiques, il prend tous les sens. Le problème c’est que Linas-Marcoussis n’a aucune valeur juridique et frappé de caducité. S’y référer est juridiquement maladroit »

Cette nouvelle Constitution est composée de 184 articles, contrairement à celle de 2000 composée de 133 articles. Si elle est adoptée par les parlementaires, elle conduira la Côte d’Ivoire à la 3eme République et rentrera en vigueur dès sa promulgation au journal officiel.

L’opposition, de l’avis de Joël N’guessan, porte-parole principal du RDR, parti au pouvoir, même sollicitée par les parlementaires n’apportera rien de constructif au texte.
« Il se trouve que M.Affi n’a aucune suggestion ni propositions. Il est dans une logique de négation permanente. Vous verrez que ses partisans sont dans cette logique, c’est le propre du FPI » a-t-il fait savoir .

Cet article est égalment paru sur le site de Politikafrique.info