Raissa YAO

Journée internationale des migrants : l’après pacte mondial pour les migrations

En ce 18 décembre, l’on célèbre les migrants. Pour cette année 2018  la célébration internationale des migrants intervient  exactement une semaine  après l’adoption du pacte mondial pour les migrations validé le 10 décembre dernier à Marrakech. C’est un  document comprenant 23 objectifs dont l’intention est d’assurer dans le monde des migrations  sûres, régulières et ordonnées.

interview de Nasser Bourita à Marrakech

L’organisation des nations unies définit comme migrants « toute personne qui a résidé dans un pays étranger pendant plus d’une année, quelles que soient les causes, volontaires ou involontaires, du mouvement, et quels que soient les moyens, réguliers ou irréguliers, utilisés pour migrer ». Elle appelle également migrants mais de « courte durée » les personnes comme les travailleurs agricoles saisonniers qui se déplacent à l’époque des semences ou des récoltes.

Ces migrants arrivent souvent dans des pays d’accueil de manière irrégulière. Souventes fois leurs droits sont bafoués. Pire, ils subissent des traitements inhumains.

Migrants, des victimes à protéger

Concernant ces traitements monstrueux envers les migrants, Nasser Bourita  le chef de la diplomatie Marocaine avait déclaré lors d’une rencontre avec les panafricaines : « …Le migrant est une victime, le migrant n’est pas un criminel, le migrant  doit être traité  par rapport à son humanité, pas par rapport à son origine, pas par rapport à sa couleur, pas par rapport au réseau qu’il a utilisé. »

J’essaie depuis le 10 décembre dernier date d’adoption  du pacte mondial pour les migrations de m’imaginer  ce que serait désormais la migration dans le monde mais surtout pour les migrants. Ce pacte devrait faciliter la tâche aux migrants mais également le protéger. Ce document  prévoit donc  entre autre de :

-S’attaquer aux facteurs de vulnérabilité liées aux migrations et les réduire.

– prévenir, combattre et éliminer la traite de personnes dans le cadre des migrations internationales

-Lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays.

 

Assisterons-nous à la fin des stéréotypes, des préjugés les inégalités auxquels faisaient face les migrants dans les pays d’accueil ?

Attendons donc la mise en œuvre du pacte mondial pour les migrations par les pays signataires. On en reparlera le 18 décembre 2019.

Vive la migration nouvelle version ! vive les migrants !

 

 


ONU Femmes promeut l’égalité des sexes par un langage approprié dans les médias

L’ONU Femmes a organisé un séminaire à l’endroit des femmes et hommes de médias. C’était du 15 au 17 novembre 2018 à Grand-Bassam. Objectif : faire un plaidoyer pour l’adoption du projet de loi sur la promotion des droits politiques de la femme dans les assemblées élues. Ces journalistes devraient inciter les décideurs à respecter leurs engagements sur les droits politiques des femmes. Ces hommes et femmes de médias ont été également instruits sur le langage adéquat  à la promotion de l’égalité des sexes.

crédit : Raissa YAO

Le langage est la capacité d’exprimer une pensée et de communiquer au moyen d’un système de signes qui peuvent être vocaux, gestuels ou graphiques. Mais, le langage peut aussi constituer une arme de promotion de l’égalité des sexes pour  les femmes et hommes de médias. Pour une bonne communication dans la lutte contre les stéréotypes et le sexisme, l’utilisation d’un langage adéquat s’impose. Ce langage nouveau contribuera à la valorisation de la femme et celle de ses droits politiques dans les assemblées élues.

Égalité des sexes : un langage nouveau s’impose

Des points à prendre en compte dans la rédaction des articles par les femmes et hommes de médias. La liste n’est pas exhaustive.

1-Ne ne pas utiliser le mot « Homme » pour désigner à la fois des femmes et des hommes

Hommes, parfois avec grand H, est utilisé pour désigner le genre masculin et féminin à la fois. Pour accélérer le changement, ce mot doit être de moins en moins utilisé car il exclut les femmes. Cas pratiques.

Ne dites pas : les droits de l’Homme

Dites : les droits humains

Ne dites pas : les hommes d’affaires

Dites : les femmes et les hommes d’affaires

2-Féminiser les titres de fonction

Il est donc important que certains mots soient clairs dans l’esprit des hommes et des femmes. Il faut éviter les désignations génériques de postes au masculin et utiliser une forme féminine, surtout pour les professions où il y a moins de femmes. On pourrait simplement utiliser le terme « madame la préfète » au lieu de « madame le préfet ».

3- Utiliser un pronom neutre

L’utilisation de certains pronoms pour faire référence aux hommes et aux femmes de manière égale peut permettre de lutter contre les stéréotypes liés au sexe. Il s’agit des pronoms indéfinis comme : on, personne, quiconque, n’importe qui, tout le monde.

Chers lecteurs; contribuez également à briser les stéréotypes et clichés véhiculés à l’endroit des femmes en utilisant ce langage nouveau.

 

 


Les panafricaines institutionnalisent leur réseau

Au terme de la deuxième édition du forum des femmes journalistes d’Afrique, connu sous le nom « les panafricaines »  qui s’est déroulée les 26  et 27 octobre 2018 à Casablanca au Maroc, les journalistes africaines ont décidé d’institutionnaliser ce réseau.

les pananfricaines institutionalisent le réseau
photo prise à la fin des travaux de la 2éme édition du forum des panafricaines à Casablanca

«  La première étape c’est de rester sous la coupole  de 2M tout en créant un comité permanent …  Mais nous allons essayer de mettre en place toutes les conditions juridiques pour permettre aux panafricaines de travailler dans un environnement juridique claire.»  a annoncé Adil Maazouz le conseiller juridique de la Radio 2M, le media initiateur de ce grand réseau de femmes journalistes d’Afrique.

Les panafricaines ont mis en place un comité de suivi

Les femmes journalistes d’Afrique  ont décidé de par leurs actions de porter la voix de l’Afrique dans le monde. Pour se faire, une organisation pratique et même une structuration s’impose aux panafricaines. Ainsi, Trois grandes instances ont été annoncées lors de la cérémonie de clôture pour une meilleure organisation  de leurs activités.

Un comité de suivi mis en place et composé par tous les chefs d’atelier qui ont eu lieu durant les travaux. Pour cette année,  Il sera chargé de piloter les travaux sur la migration, thème autour duquel s’est déroulée cette seconde édition.

Le  comité permanent des panafricaines

Il est constitué de journalistes  dévouées, ayant donné de leur temps après la première édition  du forum les panafricaines. Pour Fathia Elaouni de la radio 2M «  ce n’est pas un choix de région ni de pays mais de journalistes engagées  durant l’année 2017 qu’on a vu travailler ». Leur mission se prolongera sur deux ans.

Un comité des sages des panafricaines

Un comité des sages a également été mis en place. Il est composé des « doyennes » du métier. Ce conseil  sera le garant du code d’éthique et de déontologie de l’association.

Selon le règlement élaboré, les membres du réseau les panafricaines  doivent s’engager à promouvoir l’image des panafricaines dans les médias à travers le monde et en être les porte-paroles. D’autres journalistes  africaines pourront intégrer ce réseau à condition d’avoir pour marraine une panafricaine.

Les panafricaines, c’est le premier réseau de journalistes africaines. Pour  cette deuxième édition , c’est plus de 200 journalistes venues des 54 pays d’Afrique. Elles ont travaillé sur le thème «  migrations africaine une chance pour le continent, une responsabilité pour les médias »

 


La gare de wôrô-wôrô d’Akouédo est devenue un dépotoir !

À Abidjan, j’emprunte souvent un véhicule à la gare de wôrô-wôrô* d’Akouédo, non loin des services des impôts du rond-point de la palmeraie. Et, depuis 3 mois, je vois petit à petit cette gare se transformer en dépotoir.

la gare d’akouedo ce 21/09/18

Il y a 3 mois la gare de wôrô-wôrô d’Akouédo n’était pas comme ce que vous voyez en image. Le goudron était parfait et on pouvait voir le semblant de caniveau qui existait. Et puis petit à petit, l’eau a commencé à stagner. Le goudron a commencé à disparaître. On a commencé à sentir une forte odeur et à faire de petits sauts pour se frayer un passage pour ne pas marcher dans l’eau sale. Choquée par ce spectacle, j’ai  interrogé certains chauffeurs sur leur environnement de travail qui se dégradait au fur et à mesure.

Gare de wôrô-wôrô d’Akouedo , dépotoir naissant : la réaction des chauffeurs

Chauffeur 1: Ce n’est pas à nous de régler cette situation. Il y a des services sanitaires du ministère c’est à eux de s’occuper de la propreté de la ville.

Chauffeur 2: Cette eau vient du lavage auto et de la cité qui se trouvent sur la côte. Il n’y a pas de caniveaux ici donc même si nous nettoyons l’eau va toujours stagner.

Chauffeur 3: Les gens s’en foutent ici. Sinon il y a des chauffeurs qui se plaignent. Mais rien ne change. Ici nous payons 4 500/mois à la mairie. Nous versons aussi 4 500 FCFA/jour aux syndicats et enfin 300 FCFA/jour pour chaque véhicule aux villageois. Je pense que nous faisons assez et qu’en retour les gens peuvent nettoyer ici au moins.

Chauffeur 4 : Il y aura bientôt les travaux de l’échangeur qui passe ici, ça ne servira à rien qu’on arrange cet endroit.

Voilà comment des gens qui vivent dans un environnement qui devient de jour en jour dangereux pour eux ont différentes manière de voir la situation. Ces chauffeurs ont commencé à mettre des gravats et du sable pour que leurs voitures puissent passer.

Non loin de la gare d’Akouédo, des vendeurs de: pain, garba*, jus de fruit, galettes, des aliments qu’ils sont les premiers à consommer. J’imagine donc les maladies qu’ils pourraient développer d’ici quelques temps et pour lesquels ils accuseront les sorciers de leur village.

À qui la faute: l’État ou la population ?

L’un des chauffeurs a évoqué les services sanitaires de l’État. J’en ai entendu parler. Et, à ce qu’il parait il y a des dizaines d’années en arrière, ils rentraient même dans les maisons pour vérifier si les toilettes étaient bien entretenues et propres. Pourquoi ne le font-ils plus ?

À cette question, je pourrais ajouter d’autres à laquelle j’ai du mal à trouver une réponse : D’où vient cette eau, comment et pourquoi ? Pourquoi les Ivoiriens accordent peu d’importance à leur environnement ? Ou encore lequel de l’État ou du peuple a démissionné ?

À mon humble avis, si après des mois de sensibilisation rien n’avance l’on doit passer à l’étape de la répression. Pouhiiin !

 

* Le wôrô-wôrô est un moyen de transport populaire abidjannais. Il s’agit de taxis collectifs à ligne régulière et à prix forfaitaire.

* Le garba est un plat populaire ivoirien à base de semoule de manioc accompagné de Thon essentiellement vendu dans de petites échoppes de rue.


«Lionesses Of Africa », le réseau africain des entrepreneures s’installe en Côte d’Ivoire

« Lionesses of Africa », entendez par là « les lionnes d’Afrique ». Le plus grand réseau africain pour les femmes entrepreneurs a organisé le 13 septembre, à Abidjan (au plateau), en partenariat avec l’ambassade du Royaumes des Pays-Bas, une rencontre entre femmes entrepreneures de la Côte d’Ivoire. L’objectif : permettre à ces femmes de se rencontrer, de tisser des liens et de partager les expériences qu’elles ont vécues dans leurs activités. Cette rencontre, c’était l’occasion de mettre en place la section ivoirienne de ce réseau.

Melanie Hawken, fondatrice de lionesses of Africa

Entreprendre c’est affronter les difficultés

Quelques exemples des difficultés rencontrées par différentes femmes :

 «  Je n’arrivais pas à trouver des personnes qui partageaient ma vision…. Souvent, j’étais obligée de réécrire les articles que le stagiaire m’envoyait avant publication, parce que ce n’était pas à mon goût » a déclaré Ami Kouamé, responsable d’Ayana, un « webzyne » (magazine en ligne) destiné aux femmes. Pour elle, sa plus grande difficulté était au niveau des ressources humaines.

Pour Carol Hien, fabricante de confiture et d’autres produits agroalimentaires, en plus d’être analphabète, le manque de financement constituaient un obstacle dans son parcourt : «  je grattais les couvercles de la marque « Lesieur » que je couvrais ensuite avec le pagne… je ne savais pas que je créais ma marque !» une faiblesse qui a fini par être un force pour elle aujourd’hui.

Quant à Bénédicte Mendy, fondatrice d’Okana, le bar mobile, elle confie qu’« à l’époque, je n’avais pas un bon téléphone, donc souvent, je n’avais pas assez de batteries », ce qui pouvait lui faire perdre des marchés quand elle n’était pas joignable.

Invitées à partager leurs expériences pour l’implantation de la section « lionnesses of africa » en Côte d’Ivoire, ces femmes exercent dans des secteurs différents mais elles ont un point en commun : les difficultés rencontrées dans leur domaine d’activité, auxquelles elles ont su faire face. Comment savoir les surmonter et surtout comment ne pas baisser les bras ?

Des femmes entrepreneures au lancement de la section « lionesses Of Africa » à Abidjan

Lionesses of Africa, c’est aussi un réseau de mentorat

Pour Melanie Hawken, Fondatrice de Lionnes of Africa, explique que l’une des méthodes serait de mettre en pratique le pouvoir du partenariat : « s’aider les unes les autres et non se voir comme des compétitrices ». Il s’agit de permettre aux nouvelles de profiter du mentorat de celles qui ont plus d’expérience en la matière.

Quant à  SEM  Robert Van Den Dool, ambassadeur du Royaume des Pays Bas, il soutient cette  initiative qui va permettre de « promouvoir et stimuler l’entrepreneuriat des femmes et surtout des jeunes filles » et d’ajouter que « la femme constitue aujourd’hui un leviers économique ».

Son pays a soutenu cette initiative via Orange Corners, une organisation qui travaille à l’amélioration de l’écosystème entrepreneurial en Afrique.Quant à  Lionesses of Africa , ce réseau existe depuis 2014 et compte pas moins de  700.000 femmes dans le monde !

 


peine de mort: UA « les enfants, pas concernés »

Le 3ème congrès régional contre la peine de mort se tient du 9 au 10 avril 2018 à Abidjan. L’Union africaine a précisé que la peine de mort  ne concerne pas les enfants.

« L’union africaine stipulait déjà sans ambiguïté dans la charte des droits de l’homme et des peuples en son article 5 que la peine de mort n’est pas prononcée pour les crimes commis par les enfants » a déclaré Joséphine Charlotte Mayuma Kala représentante et cheffe du bureau de liaison de l’Union Africaine en Côte d’Ivoire. Et de préciser que lors de la 26ème conférence des chefs d’Etat et de l’union africaine en juillet 1990 à Addis Abeba la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant garantissait encore le droit imprescriptible de la vie en ce qui concerne les enfants. Outre les enfants à qui la peine de mort ne peut être appliquée ; la cheffe du bureau liaison de l’UA a insisté sur le fait également que la charte des droits de l’homme et des peuples dans l’article 4 mentionne que « Tout individu a droit à la vie et ce texte exige le respect de l’intégrité physique et morale de tout individu ».

Selon Namizata Sangone présidente de la commission nationale des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, (CNDHCI) si ce congrès qui se déroule pour la première fois en Afrique a lieu en Côte d’Ivoire c’est parce que le pays « apparait comme un des états en la matière capable de porter la lutte au-delà d’une autre frontière et qu’il n’y a pas dans notre pays un obstacle politique a cette dynamique évolutive »

peine de mort, la Côte d’Ivoire rejette l’idée

Sansan Kambilé garde des sceaux et ministre de la justice et des droits de l’homme de Côte d’Ivoire a réaffirmé la position abolitionniste du pays sur la peine de mort par la constitution du 8 novembre 2016 qui en son article 3 dispose que « le droit à la vie est inviolable. Nul n’a le droit d’ôter la vie à autrui. La peine de mort est abolie » et d’insister sur le fait que « La Côte d’Ivoire rejette toute idée de la peine de mort ».

La peine de mort est abolie en Côte d’Ivoire de droit depuis 2000 mais elle l’était déjà de fait depuis son assertion a l’indépendance en 1960. Bien qu’existante dans la législation antérieure elle n’a jamais connu aucune application depuis l’assertion du pays à l’indépendance. L’Afrique est perçue par des spécialistes comme le prochain continent abolitionniste. Sur les 155 états des pays membres de l’union africaine, 44 ne pratiquent plus la peine de mort.

 Ce 3ème congrès régional contre la peine de mort a été organisé en Côte d’Ivoire par l’Association ensemble contre la peine de mort en partenariat avec la commission nationale des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, la coalition mondiale contre la peine de mort et la fédération internationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture (fiacat).

 

 


 


Pâque ou paquinou, que célébrez-vous?

Aujourd’hui c’est le vendredi saint. C’est le jour où les chrétiens catholiques commémorent la crucifixion du Christ. C’est un jour décisif pour les célébrants de la pâque. En Côte d’Ivoire, pays laïc, les entreprises travaillent la mi-journée. Nous sommes à exactement 48h de la fête de la pâque ou paquinou.

crucifixion du Christ ( loudres)

Pâque et paquinou

Vendredi saint ! après la demi-journée de travail la communauté catholique estimée a un peu plus de 40% de la population effectue le dernier chemin de croix du temps de carême. Vous verrez des processions dans toute la ville et même tout le pays.  Ces croyants braveront le soleil ardent pour vivre la passion du Christ avant sa résurrection du dimanche. Ça c’est le premier groupe. Il y a aussi ceux que ce tohu bohu n’intéresse point. Il y a également un troisième groupe, qui se dirigera vers la sortie d’Abidjan, surtout vers l’autoroute du nord en direction du centre du pays. Ceux-là n’ont rien à faire de la résurrection du Christ mais feront la fête. Ils célèbreront paquinou.

 

La Pâque et le baoulé

Je suis originaire du centre de la Côte D’Ivoire, précisément Baoulé, une ethnie subdivisée en 21 groupes.  Ce peuple est paysan. Il cultive principalement le café et le cacao. Ces cultures pérennes qui ont fait la renommée de la terre d’eburnie.

Cependant le centre du pays ayant une végétation de savane n’est pas adapté pour ce genre de cultures qui poussent en zone de forêt. Il faut donc aller soit sans le sud, dans l’ouest ou à l’est du pays. Raison pour laquelle bien qu’ils ne soient pas de ces localités vous y trouverez beaucoup de baoulé. Notre activité rémunératrice nous contraint donc à être en zone forestière.

Alors durant toute une année, la majeure partie du peuple baoulé – disons les bras valides – restent dans des campements à travailler dur à la production du café et du cacao.

Une fois la vente des fèves terminée et que la saison est bouclée, il est important pour ces paysans de retourner chez eux, dans le centre afin de revoir la famille. Cette période coïncide avec la célébration de la pâque des chrétiens mais aussi les congés des élèves.

Un baoulé heureux de retourner au village pour « paquinou »

À cette période tous viennent de différentes régions forestières pour se retrouver dans leurs villages respectifs. C’est le moyen de permettre aux uns et aux autres de se connaître. C’est un moment privilégié pour célébrer aussi les dots et mariages. L’on en profite pour régler les histoires de famille. En gros c’est une période très importante pour nous les baoulés. C’est aussi une période de réjouissances. Des jeux, des concours sont organisés pour célébrer les retrouvailles. Retrouvailles entres anciens amants, entres cousins et cousines. Les nouvelles relations se tissent également, il y a aussi les ruptures. Tout s’y passe. Je dis bien tout. Je pense que c’est plutôt ce côté un peu pervers de la célébration de cette pâque en pays baoulé qui a fini par attirer les autres ethnies du pays qui chaque année se ruent dans les villages baoulés.

 

 

Pâque c’est aussi le marketing et la politique

Les politiciens se sont un peu accaparés cette fête en pays baoulé. Ils en ont profité pour se faire voir par leurs électeurs et pour se positionner. Inauguration d’écoles, de maternités, de pompes à eau, d’électrification de villages… tout ce qui est en leur pouvoir pour faire parler d’eux et de leur parti politique. Que dire des entreprises ?  c’est une période de choux gras pour elles. Il y font de gros chiffres d’affaire.

D’ailleurs elles préfèrent toutes dire paquinou et les pancartes publicitaires le montrent clairement. Mais d’où vient cette appellation

ambiance de  paquinou credit photo: Jean Delmas Ehui

 

La prononciation et le Baoulé

Le peuple baoulé à un souci de prononciation. Quand il parle le français, il ajoute toujours un « i» à la place du « e » , ou un « ou »  à la fin des mots, qui les rendent inutilement longs. Par exemple pour un nom simple comme « Rose », le Baoulé lui dira « Rosou » ou « rosé ». Si l’on considère que  Paquinou =  paqui+ nou ! appréciez donc le décryptage.

Paqui : le « e » a été bien sûr remplacé par un « i »

Nou : le « ou » que le baoulé rajoute à la fin du mot mais qui dans ce cas de figure signifie temps, période.

Paquinou : C’est donc une contraction du mot Pâque : paqui comme le dit le baoule Et de « Nou » : qui veut simplement dire temps période. Si paquinou a eu tant de succès c’est aussi que tous  vont en pays baoulé pour partager et vivre cette expérience. Parce qu’en réalité il faut la vivre pour comprendre. L’ambiance de paquinou est inexplicable. Autant la vivre pour comprendre.

Ben voilà ainsi défini la pâque et paquinou , de quel côté êtes-vous ?


San Pedro: la prostitution, les mineures et l’argent

San Pedro à accueilli la caravane ansut Blog camp pour sa dernière étape du 18 au 23 janvier 2017. La ville portuaire a confirmé sa réputation de ville où la  prostitution fait rage. Mais grande fut ma surprise de constater que les mineurs étaient concernés par ce commerce du sexe.

J’ai quitté San Pedro avec un tableau plus sombre que celui que l’on m’avait vendu. Reconnue comme une ville où la prostitution se pratiquait ouvertement, j’ai été choquée de voir des mineurs s’y adonner sans que cela ne gêne personne. Je partage donc mon séjour dans cette ville.

credit photo: naijaonpoint.com

La terrasse de la débauche

20 janvier 2017. Assise sur la terrasse de mon hôtel avec des amis, six adolescents en  sortent. Ces enfants, je les avais déjà croisés à deux reprises. Une fois dans les escaliers et une seconde fois devant l’hôtel. Alors que notre équipe hélait un taxi pour aller dîner, eux descendaient d’une manière bruyante d’un véhicule. Je les ai reconnus à leur style vestimentaire mais surtout leurs coiffures. Ils avaient presque tous teints leurs cheveux en jaune. Cinq jeunes garçons avec un style coupé-décalé* et une jeune fille dans une robe rouge plus que sexy. Une vraie femme fatale. Ils avaient tous un sac à dos et donnaient l’air d’avoir fini leur séjour et de rentrer chez eux. Un de mes amis avait lancé pour rigoler.

– Ah elle doit être solide celle-là. Je me demande comment elle se sent ce matin ?

Et un autre de rétorquer

– Pfff, elle ne sent plus rien, elle est habituée. Regarde la marcher. Elle s’en fout.

Effectivement ces adolescents dormaient tous dans la même chambre. J’étais au même étage qu’eux. Des adolescents qui louent une chambre d’hôtel alors que cela n’est pas légal et l’occupent à plusieurs, sans compter qu’il y a une femme parmi, eux comment est-ce possible ?

San Pedro  et ses mineures prostituées

Interrogé par un collègue sur cette situation, le propriétaire de l’hôtel a raconté que c’était vraiment des enfants qui venaient régulièrement pour le week-end. Ils venaient de Soubré, une ville située à peine 1h de là. Mais il a précisé « Ils payaient bien.» Et donc  des enfants avaient le droit de faire des partouzes dans son hôtel au vu et au su de tous parce qu’ils payaient bien.

La veille à cette même terrasse j’étais restée bouche bée face à une situation. Deux  mineures  d’à peine 15 ans vêtues d’une manière très légère semblaient attendre quelqu’un, pour ce que j’ai pu comprendre de leur discussion (je n’avais pas l’intention d’avoir une oreille indiscrète). L’une d’elle  décroche  son téléphone qui crépitait. Fait normal ! Cependant ce sont ses propos qui vont attirer mon attention

– Je te manque ? Ah c’est maintenant que tu sais que je sais B…  Alors que tu as finis de t’envoyer les filles de ton quartier.

Elle raccroche et commence à se moquer de son interlocuteur avec sa copine. Quelques instants après un septuagénaire, un expatrié, arrive à leur table et les embrasse chacune sur la bouche, il s’assied entre les deux.

-Comment vont mes chéries ? Avait-il questionné.

Ce monsieur je l’avais rencontré 1H plutôt à la réception. Comme moi il était venu signaler une coupure d’électricité dans sa chambre. Après leur avoir murmuré à l’oreille les deux filles acquiesçaient de la tête et le suivi  dans sa chambre.

Un autre expatrié pris immédiatement la place. Un garçon de moins de 15 ans s’approcha de lui. Il était tout sale. Depuis mon arrivée dans cet hôtel, il rodait dans les environs. Le monsieur lui donna le verre de thé qu’il avait entamé, ils discutèrent quelque secondes puis l’homme s’en alla. Ils avaient tous les deux  le sourire aux lèvres comme s’ils venaient de conclure une affaire.

Automatiquement le propriétaire du restaurant s’approcha de la table pour la débarrasser alors que le jeune garçon y était encore.

-N’as-tu pas honte ? À ton âge c’est ce que tu fais. Petit que tu es, tu as déjà violé une femme. Tu es un voyou. Tu fais tout ce qui est mauvais.

Il lui faisait des remontrances sans toutefois le chasser de la table. Le petit avec un regard amusé riait sous cape alors que le monsieur était dans tous ses états.

Le sexe et l’argent 

J’avais bien suivi la scène mais sans toutefois comprendre. Un ami qui a senti que je n’avais rien compris m’expliqua que le jeune garçon l’avait approché en début de soirée pour lui demander s’il n’avait pas besoin de « compagnie pour la nuit ». Et lui de répondre qu’il était suffisamment « grand pour se trouver de la compagnie s’il en avait besoin ». Je venais de tout comprendre. Le petit était un proxénète. Si jeune ?

Le lendemain dimanche matin, il était encore là au moment où nous prenions le petit déjeuner. Pour vérifier qu’il était un proxénète, un autre ami  l’approche pour des informations sur les filles de la ville. Le petit de lui faire donc des propositions : -Si je vais chercher une fille pour vous et que je la ramène ici, vous me donnez 3000 fcfa. Mais si je vous accompagne pour que vous fassiez votre choix. C’est 2000 fcfa. Pour les filles il affirme à mon ami qu’elles  proposeront toutes pour leurs services au départ 30.000 FCFA mais que c’était négociable.

Le proxénète mineur

Ce jeune garçon, je l’approchais plus tard pour discuter avec lui. Il avait 13 ans et était originaire du Burkina Faso. Il avait arrêté les cours en classe de CE2 et tenait un tablier (presque vide) jusqu’à à côté de l’hôtel. L’école ne l’intéressait pas vraiment. Il aimait bien cette vie qu’il menait « les tontons » étaient gentils avec lui quand il leur procurait des filles. Apres la formation du lundi, le soir j’ai pu voir certaines étudiantes du matin discuter avec ce gamin de l’hôtel. Elles traitaient avec lui sans aucune gêne. J’ai aussi appris que des jeunes filles venaient d’Abidjan, le vendredi, se prostituaient le week-end et retournaient le lundi matin.

A San Pedro, le commerce du sexe, c’est vraiment à une autre dimension

 

*coupé-décalé : style de musique ivoirienne

 

 

 

 

 

 

 


« Africaine Modèle », pour valoriser la femme africaine

En ce 8 mars où l’on célèbre la journée internationale des droits des femmes dans le monde, c’est avec grand plaisir que j’assiste à la naissance d’Africaine Modèle. Un blog fait sur mesure pour valoriser la femme africaine.

Une nouvelle aventure commence encore pour moi en ce 8 mars 2018. Il s’agit du lancement d’un blog communautaire destiné à faire la promotion de la femme, précisément la femme africaine : Africaine Modèle ! Mais je vous rassure d’avance, ce n’en est pas un de trop (c’est juste au cas où vous l’aurez pensé). Ce blog a sa raison d’être.

logo « Africaine Modèle »

C’est l’idée d’un groupe de journalistes africaines membres de l’union de la presse francophone (UPF) qui ont décidé de se mettre ensemble pour promouvoir les droits des femmes en Afrique et vulgariser leurs activités, afin de contribuer au développement de leurs pays respectifs.

Cette date du 8 mars a été choisie à dessein pour la mise en ligne d’Africaine Modèle. C’est la journée internationale des droits des femmes instituée par l’ONU. Cette journée qui puise ses racines dans la lutte menée par les femmes depuis des siècles pour participer à la société sur un pied d’égalité avec les hommes. Une approche que ce nouveau média compte en faire son cheval de bataille.

En Côte d’Ivoire, le thème retenu pour commémorer ce 8 mars 2018 est « inclusion financière pour l’autonomisation de la femme et de la jeune fille en milieu rural ».

Je n’en parlerai pas plus aujourd’hui simplement parce que je ne laisserai rien voler la vedette à Africaine Modèle, le chouchou qui vient de voir le jour et qui aura certainement l’occasion de développer ce thème plus tard.

D’ailleurs j’arrête de m’étaler ici et vous invite à aller faire votre première visite à Africaine Modèle.

Mais surtout restez avec nous pour vivre ensemble cette aventure.


Daloa et son extraordinaire jeunesse

Extraordinaire ! C’est le mot indiqué pour qualifier la jeunesse de Daloa. D’ailleurs cette ville  a été mon  de cœur dans cette campagne  d’initiation à internet mise en place par l’agence nationale du service universel des télécommunications-tic (ansut) et l’union nationale des blogueurs de Cote d’ivoire (Unbci) pour sillonner le pays. C’était la 4ème étape de notre tournée.

 

salle de formation à Daloa

En réalité, cette ville est celle que je redoutais le plus dans notre parcours. Elle avait mauvaise presse. Située dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, Daloa est reconnue comme  un point stratégique dans la route des migrants vers l’Europe. L’on la décrit comme étant la porte de la Libye. Il parait qu’elle est plus  proche de l’Europe que l’Algérie n’est de la France. En réalité, il y a un vrai réseau de passeurs.

Je me disais intérieurement qu’ils auraient certainement mieux à faire que de venir écouter une bande de jeunes  leur parler d’internet. Mais j’ai été agréablement surprise le jour de la formation. Apparemment j’avais vite porté un jugement.

Daloa, sa jeunesse  et ses jolis garçons

Enregistrement à l’étape de Daloa

Les jeunes de la ville sont sortis massivement. Chacun dans un style très particulier. On avait l’impression d’avoir affaire à des artistes. Déjà à l’enregistrement ils posaient des questions. Ils voulaient un avant-gout de ce qui se passerait quelques minutes plus tard. Le comble les garçons avaient une drôle de manière de se présenter. Ils  ajoutaient «  joli garçon »  après  avoir donné leurs noms. Pourquoi ? L’un d’eux à qui j’ai posé cette question m’a répondu par une question «  suis-je vilain ? »

Il y a eu des handicapés

Dans la salle, l’ambiance qui y régnait était fraternelle et conviviale. Il y avait une parfaite symbiose entre les formateurs et l’assistance. Il y a même eu des handicapés dont un non voyant  qui ont participé à la formation. A la pause, la cour de la mairie où se déroulait la formation était animée comme si l’on était à une fête foraine. Ces jeunes gens à la fin de la journée de formation se sont engagés à produire du contenu afin de donner une nouvelle réputation à leur belle ville connue autrefois comme  la  « cité des antilopes » mais qui est aujourd’hui est assimilée à l’immigration irrégulière.

En tout cas pour moi, jusque la, Daloa, est la meilleure étape de l’ansut blog camp.