Raissa YAO

Nouvelle Constitution ivoirienne: le projet est accepté en plénière, les opposants attendent sa chute

Les députés ivoiriens ont adopté ce mardi 11 octobre  le projet de loi portant nouvelle Constitution. L’hymne national entonné par les députés après la proclamation  des résultats  du vote  sur l’avant-projet de nouvelle  Constitution n’a pas été chanté par l’honorable Gnangbo Kakou. « On tue un parent qui vous est chère et puis on entonne l’Abidjanaise » déplore le député d’Adiaké à la sortie de l’hémicycle.

Le projet de loi portant nouvelle Constitution présenté le 5 octobre dernier par le Président de la République à l’Assemblée Nationale a été adopté par la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles (Cagi) le vendredi 7 octobre. Ce  mardi 11 octobre, il a été approuvé en plénière. Sur 249 votants, 8 députés ont voté contre, 2 se sont abstenus et 239 ont voté pour.
Toujours déçu Gnangbo Kakou estime qu’ «  On bâcle nos valeurs…. Cette Constitution n’est pas vertueuse. Elle n’est pas futuriste. Sur tous les articles il y a une anomalie. Sa durée de vie n’excédera pas 2020 ».

Alfred Kouassi, député de Pacobo lui voit les choses autrement. Il fera  la promotion du « OUI » dans sa circonscription. Il soutient la vision  du Président de la République « qui entend laisser un pays stable parce que nos institutions ont été très déstabilisées à un moment donné avec les coups d’Etat et autres. Aujourd’hui avec la Constitution que nous mettons en place, tout cela est réglementé » estime-t-il.
Le député Mahi Clarisse de Bin-Houyé dit être « Fière de l’Assemblée

Nationale qui malgré les mauvaises intentions qu’on lui prêtait » a travaillé avec abnégation sur ce projet avant de l’adopter.

Aka véronique député de Bongouanou se réjouit quant à elle, de ce que leurs amendements ont « été pris en compte ». «  Je  crois que nos amendements ont été pris en compte. Le Président de la République pouvait faire cette Constitution sans passer par l’Assemblée Nationale », soutient-elle. Selon elle, pour le vote en plénière de ce texte, les députés ont mis 3 heures de temps afin de vérifier si les modifications faites en commission avaient été prises en compte.
«  Nous avons le sentiment du devoir accompli », a indiqué à la fin de la séance Guillaume Soro, le Président de l’Assemblée Nationale. Me Ahoussou Jeannot,  parlant de l’opposition a saisi l’opportunité pour la tancer.

« Malheureusement l’opposition est incapable de faire une offre sérieuse aux ivoiriens. Ce sont des querelles intestines. Vous avez vu, même Affi N’Guessan a tenté une marche. La marche était assez maigre reflétant l’état de dépérissement l’opposition », a-t-il déploré.
Le 30 octobre prochain, le peuple ivoirien se prononcera à son tour  sur cet avant-projet désormais projet de Constitution afin de décider s’il accepte ou non  de partir pour la 3eme République.

Cet article a été également publié sur Politikafrique.info


Avant projet de constitution: Linas Marcoussiss a-t-il été respecté?

Le projet de loi de la nouvelle Constitution ivoirienne était censé se baser sur les accords politiques de Linas-Marcoussis de janvier 2003.

« Au niveau institutionnel, cet avant-projet de Constitution reprend intégralement  les conditions d’éligibilité à la présidence de la République, telles que convenues, en 2003, par l’ensemble des acteurs politiques, lors de la table ronde de Linas-Marcoussis » a déclaré Alassane Ouattara le 5 octobre dernier face aux députés lors de sa présentation du projet de loi de la nouvelle Constitution. C’était  à l’occasion de la cérémonie solennelle d’ouverture de la 2ème session ordinaire de l’année 2016.

Les accords politiques de Linas-Marcoussis signés en janvier 2003 avaient pour objectif de ramener la stabilité en Côte d’Ivoire qui connaissait une crise sociopolitique depuis le 19 septembre 2002. Ces accords devaient aboutir à une nouvelle Constitution par la  modification de certains articles notamment le 35 qu’une grande partie de la classe politique trouvait «confligène».
Les modifications apportées à cet article lors de cette table ronde prévoyaient que « le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, rééligible qu’une seule fois. Il doit jouir de ses droits civils et politiques. ». Le texte de Marcoussis précise  également que le candidat doit « être âgé de trente-cinq ans au moins. Il doit être exclusivement de nationalité ivoirienne de père ou de mère ivoirien d’origine. »

Il fait cas du plancher d’âge qui devait passer de 40 ans, prescrits dans la Constitution de 2000, à 35 ans. Ces différentes réformes constitutionnelles devaient intervenir dans «  les meilleurs délais. » Mais ce ne fut pas le cas.

Le candidat à la présidentielle d’octobre 2010, Alassane Ouattara, en a fait une promesse de campagne. «  Je m’étais engagé lors de la campagne présidentielle de 2010, à doter notre pays d’une nouvelle Constitution, celle de la troisième République » a soutenu le Président Ouattara ce 5 octobre devant les députés, tous ou presqu’acquis à sa cause.
Selon le projet de la nouvelle Constitution présenté, les points évoqués au niveau de l’article 35 de l’ancienne Constitution apparaissent désormais à l’article 55. A l’exception des différents points sus-évoqués, à savoir le plancher d’âge, au niveau des conditions de nationalité, on constate que le verrou d’âge en ce qui concerne le plafond qui était fixé à 75 ans en 1995, dans la Constitution sous le pouvoir Bédié, n’existe plus. Ce point n’a pas été mentionné à Linas Marcoussis.

Innovation de taille depuis Félix Houphouët-Boigny, l’instauration d’une vice-présidence.
« Il choisit un vice-Président de la République, qui est élu en même temps que lui » précise l’article 55 du projet de loi. Le rôle de ce vice-président sera de suppléer « le président de la République lorsque celui-ci est hors du territoire national… » Linas Marcoussis n’a pas non plus exigé un vice-président pour la sortie de crise. Et d’ailleurs, qui choisit? Le candidat à l’élection présidentielle ou le Président élu? Nuance avec ce « il » qui ne renvoie à personne pour l’heure.

A ce changement, il faut ajouter celui de l’article 85 avec la création du Sénat, représentant les collectivités territoriales et les ivoiriens de l’extérieur.  « Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement. Le parlement est composé de l’Assemblée Nationale et du Sénat ». Le sénat dont un tiers des sénateurs est nommé par le Président de la République.
Ce document présenté aux députés fera l’objet de débats, corrections et amendements,  ce vendredi 7 octobre, à l’Assemblée Nationale.
Selon le président Alassane Ouattara, l’objectif de cette nouvelle Constitution est « de donner au pays un acte constitutionnel plus moderne qui renforce les droits et devoirs de tous les citoyens afin qu’elle prenne en compte les préoccupations des uns et des autres. »

Joint par telephone, Geoffroy-Julien Kouao, Enseignant de droit Constitutionnel, politologue a expliqué qu’ «  employé par les juristes le terme renvoie à une nouvelle Constitution, par contre avec les politiques, il prend tous les sens. Le problème c’est que Linas-Marcoussis n’a aucune valeur juridique et frappé de caducité. S’y référer est juridiquement maladroit »

Cette nouvelle Constitution est composée de 184 articles, contrairement à celle de 2000 composée de 133 articles. Si elle est adoptée par les parlementaires, elle conduira la Côte d’Ivoire à la 3eme République et rentrera en vigueur dès sa promulgation au journal officiel.

L’opposition, de l’avis de Joël N’guessan, porte-parole principal du RDR, parti au pouvoir, même sollicitée par les parlementaires n’apportera rien de constructif au texte.
« Il se trouve que M.Affi n’a aucune suggestion ni propositions. Il est dans une logique de négation permanente. Vous verrez que ses partisans sont dans cette logique, c’est le propre du FPI » a-t-il fait savoir .

Cet article est égalment paru sur le site de Politikafrique.info

 


« TO GO »

Le 24 Aout dernier, j’ai assisté à la cérémonie de passation de charges entre Djibo Nicolas, président sortant de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire  (CCI-CI) et son successeur Fama Touré.

Au cocktail, j’approche une jeune  entrepreneuse pour une interview. Sa boisson en main, elle me dit poliment, «  pourriez-vous m’accorder une petite minute s’il vous plait ? Juste le temps que je rapporte ce verre à mon ami. »

Je la laisse donc partir et me mets sur le côté pour ne pas la perdre de vue. Mais après 10 minutes d’attente, période durant laquelle je l’observais, je la rejoins au buffet où elle a élu domicile et prenant grand plaisir à manger de tout.

Surprise ! Quand je l’interpelle, elle a la bouche pleine à s’étouffer donnant l’impression de n’avoir rien avalé depuis une semaine. Ce qui était encore plus triste, ce sont les petits fours et autres soigneusement  emballés pour la maison. Eh oui, le fameux « to go ».

Elle avait recyclé, le papier aluminium qui avait servi à couvrir les différents plateaux avant le cocktail et les avait utilisés comme emballage.

Crédit photo: images.google.fr
Crédit photo: images.google.fr

« To go » ce n’est rien d’autre que le verbe « partir » en anglais que l’on utilise en nouchi* pour définir l’action de ramener un repas d’un restaurant ou d’un endroit où l’on a été pour manger. Mais comme on le dit chez nous « connaisseur connait, gaou passe ».

Un professeur d’anglais que j’ai  rencontré à Accra s’est marré en entendant cette expression, car ne voulant rien dire du tout dans la langue de Shakespeare.

Pour lui, ça aurait été plus simple de dire «  take away », « prendre pour partir ».

Sinon ça aurait été facile de dire simplement «  un emporté » n’est-ce pas ?

L’une des choses qui m’ont séduite et que j’apprécie toujours dans le métier de journaliste, c’est bien le cocktail. Ça me fascine. C’est le moment où on rencontre des gens, on discute, on échange des cartes de visite. Stagiaire, mon patron a dû me subir. Pas question de rentrer à la rédaction sans avoir goûter au cocktail. On pouvait en faire trois par jour.

Souvent, j’étais ébahie par  le comportement de certaines personnes lors de ces moments de bouffe. La manière dont les gens se ruaient sur les plateaux qui passaient devant eux  surtout quand il s’agissait des  boulettes, ou brochettes. Il y a des fois où des personnes ont manqué de se jeter  sur  le serveur qui sortait de la cuisine avec son plateau en main.

Une fois, dans un grand hôtel  j’ai vu un serveur retourner précipitamment dans la cuisine quand il a vu le nombre de personne prêt à se jeter sur lui. En fait quelques minutes plus tôt son collègue avait annoncé que c’est lui qui viendrait avec les « ailerons ».

Mais une jeune dame belle, élégante et intelligente, de surcroit chef d’entreprise, se comporter de la sorte dans une manifestation aussi importante, il y avait de quoi se poser des questions. En plus ces « to go » donnent l’impression d’être nécessiteux.

Plus tard, pendant qu’elle montait dans sa voiture avec ses nombreux « to go » ce proverbe baoulé * me revient en tête : «  Tant que tu vis, dis-toi que le plus surprenant reste à venir »

Eh oui…  je n’avais pas encore vu cette scène-là. C’est dans ce genre de situation délirante  que l’ancienne première dame Simone Gbagbo aurait crié : oh honte !

Nouchi :langage de rue parlé en Côte d’Ivoire.

Baoulé: ethnie du centre de la Côte d’Ivoire

 


5 Septembre, célébrons Sainte Raïssa

En ce 5 septembre où l’on célèbre Sainte Raissa, c’est un devoir pour moi de vous faire découvrir ce prénom mais aussi les caractéristiques des personnes qui  portent le prénom Raissa . Rassurez vous elles sont exceptionnelles.

Raïssa !! Raisa !! Raysa !! Raisat … Autant d’orthographe pour un même  prénom.

Nombreuses sont les personnes qui pensent que Raissa est d’origine Arabe, c’est vrai elles n’ont pas tort mais Raïssa a également une autre origine : russe. Raïssa! S’il signifie « paix » ou « croyante » en Arabe, en Russe il veut simplement dire « brebis ». Maintenant « paix », « croyante » ou « brebis », c’est à vous de décider laquelle des significations vous correspond le mieux.

Raïssa Banhoro et Raïssa Yao

En tout cas moi j’avoue que « brebis »  me convient parfaitement. Pourquoi ? Raïssa Gorbatcheva, ça vous dit ? Elle était l’épouse de Mikhail Gorbatchev, dernier Président de l’Union Soviétique, ce qui faisait d’elle une Première Dame. N’allez surtout pas croire que j’ai des intentions même si je pense que ce rôle m’irait à merveille (un peu narciste je le reconnais).

Raïssa !

Sur un célèbre site de prénom, On les définit comme d’ « d’éternelles adolescentes aimant jouer avec les mots » mais également  des «  personnes qui arrivent à garder l’esprit jeunes ». Avantage ou inconvénient ? C’est à  chacun d’apprécier. Mais  pour celles qui sont précisément  de signe astrologique gémeaux, comme moi, voilà ce qu’on dit d’elle :

Crédit photo:Raîssa Banhoro

«  Le monde des idées passe souvent avant le monde des sentiments. Raïssa a besoin de communiquer, d’échanger. Une gestuelle, une touche-à-tout. Raïssa aime les changements et refuse souvent de s’attacher par crainte de se sentir emprisonné ». Je ne ferais aucun commentaire la dessus au risque de me dévoiler sur la place publique. Il parait qu’en ce moment ce prénom connait une « chute libre », de grâce n’hésitez surtout pas à  nommer vos filles Raïssa. Ça serait injuste de priver l’humanité de ces spécimens.

La sainte du jour : Ste Raïssa était âgée de 20 ans  lorsqu’elle se joint volontairement aux chrétiens arrêtés par le gouverneur Culcien à Alexandrie et subit le martyre. Elle fut décapitée. C’était en l’an 300. Son père était un prête.

Les Raïssa sont  célébrées le 5 septembre donc aujourd’hui.

Bonne fête à toutes les BREBIIIIIIS

 

 

 

 


Blogueuse en herbe

foot UNBCIIl y a environ 8 mois, je n’avais aucune notion autour du blog. Je ne savais pas ce qu’était blogueur. Une ancienne collègue m’en a parlé, elle m’a expliqué le principe parce qu’elle était déjà blogueuse depuis 3 ans.

Apres un long moment d’explication, son résumé était simple : « C’est comme un journal intime mais qui est rendu public parce que mis en ligne ». J’ai dû répondre par un « annnh » pour lui dire que le message était passé. En général quand un baoulé s’exprime de cette manière c’est qu’il a effectivement compris le message.

Elle m’a encouragé à faire du blogging parce que pour elle, j’avais toutes les capacités pour le faire. Merci pour la confiance !

Comme pour me motiver, elle m’a invité pour une assemblée générale de blogueurs qui devait aboutir à la création d’une association. J’y ai été et me suis inscrite. Je venais ainsi d’adhérer à l’UNBCI : Union Nationale des Blogueurs de Cote d’Ivoire.

Quelques temps après, la même collègue (encore elle), qui bloguait déjà sur Mondoblog, m’a informé du concours pour la saison 5 de cette plateforme. J’ai donc postulé et j’ai été retenue, d’où la création de « Regard indiscret », pour mettre les yeux là où il ne le faut pas. C’est donc la toute première fois que je célèbre en ce jour la journée mondiale du blog en tant que blogueuse.

Pour célébrer ce jour, l’UNBCI  en plus « de la semaine du blogging » qu’elle a organisée, jouera ce soir un match de football contre l’autre association de blogueurs, l’Association des Blogueurs de Cote d’Ivoire (ABCI). Quant à moi j’y serais pour  soutenir « nos garçons » tout en espérant qu’ils remporteront cette rencontre.

C’est vrai que mes nouvelles obligations  professionnelles, qui ont coïncidées avec l’ouverture de ce blog, ne me permettent pas de l’alimenter régulièrement comme je le voudrais, mais je compte bien récupérer tous mes brouillons, les peaufiner et les mettre en ligne.

Merci Babeth pour tes encouragements et ton soutien !

Merci à l’UNBCI pour l’accueil et les différentes formations de qualité sur le blogging !

Et bonne célébration de la journée du blog à tous les mondoblogueurs, a tous les blogueurs !


« Indépendance Day »

C’est le grand jour. La Côte d’Ivoire a un an de plus.7 Août 1960- 7 Aout 2016, 56 ans  d’indépendance.

Depuis le lundi, Abidjan et plusieurs autres villes de l’intérieur du pays arborent les couleurs du drapeau.

Dans quelques heures, tous nous nous mettrons en orange, blanc et vert pour montrer que nous sommes fiers d’être des citoyens libres ou encore « fier d’être bon ivoirien » comme on aime bien le dire. D’ailleurs je crois que c’est la marque d’une ligne de vêtement.

Mais 56 ans ce n’est pas rien dans l’histoire d’une personne, je dirais même que c’est l’aboutissement de toute une vie.

Ça aurait été une personne que la Côte d’Ivoire serait certainement a 4 ans de la retraite, bon selon le décret de 2012. Sinon elle le serait depuis un an déjà.

En effet, Dans le but de combler le déficit financier cumulé par la branche retraite de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale  (CNPS) depuis 2004 qui s’élevait 110 milliards de FCFA, somme qui pourrait augmenter au fil du temps, l’Etat ivoirien pour limiter les dégâts a décidé de l’ «  augmentation de l’âge de départ, qui passe de 55 à 60 ans conformément a la mesure gouvernementale prise en 2008 »

N’eut été ce décret pris, l’âge de la retraite serait toujours 55 ans. A ce stade, on estime qu’une personne a acquiert des expériences, a construit sa vie, la vie de ses descendants et attend de vivre une retraite paisible.

Bref, revenons à notre chère patrie et ce qu’on pourrait faire comme bilan pour ses 56 ans ?

Je vais vous épargner les gros bilans et juste vous faire un récapitulatif du trimestre qui vient de s’écouler. Vous en ferez votre propre appréciation.

Début avril, l’on fait face à une grogne sociale qui est plus accrue sur les réseaux sociaux où les ivoiriens s’expriment librement.

Face à ce mouvement sur internet, le porte-parole du gouvernement n’a pas trouvé une meilleure formule que de réduire ces internautes  à seulement « 200 activistes » d’où le phénomène des « #200 ».

Cette grogne a été suscitée par une série d’augmentation sur les factures et denrées alimentaires, en gros la cherté de la vie.

Quelques semaines plus tard, en juin, alors que l’on croyait être sorti de l’auberge avec le discours prononcé le 1er Mai, jour de la célébration de la fête du travail, par  Président de la République  qui intimait l’ordre à la CIE de faire un réajustement tarifaire, la facture suivante pouvait couper le souffle.

C’était quasiment le double des factures qui avaient suscitées la grogne sans oublier que deux semaines après une autre facture était distribuée.  Étonnant vu que les factures venaient tous les deux mois.

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Elle a entraîné la vague de manifestation dans différentes villes du pays : Yamoussoukro, Tiassale, Daloa et Bouake où il y a même  eu des morts. Certainement parce que c’était le bastion de la rébellion que le pays a connu en 2002.

Et depuis, cette ville a décidé de présenter ses excuses au « PRADO »

pour avoir manifesté contre la vie chère. La cérémonie a eu lieu il y a deux jours. Elle n’est pas belle la Côte d’Ivoire.

Pour ne pas déroger à la règle le Président s’est adressé  il  y a quelques heures à la nation . Est-ce que les ivoiriens attendaient  ce discours, je ne saurais vous le dire. Une chose est sûre, ce férié d’indépendance est le bienvenu.J’irai  à la plage avec l’Union Nationale des Bloggeurs de Côte d’Ivoire (UNBCI) pour  une journée détente où on pourra discuter de l’avenir du pays. La révèle c’est bien nous. Les promesses de politiciens, ça suffit!

A l’année prochaine pour les 57 ans.

Vive l’indépendance, vive la « nation » ivoirienne.

#Go unbci,

 


Une journée pas comme les autres

Le bon samaritain, ça n’existe pas que dans les évangiles ! Pour preuve, une bonne âme vient de m’épargner une rude et fastidieuse journée. Etre étudiant sur cette terre d’Ivoire, c’est une vraie galère !

Mon réveil m’arrache à mon sommeil tous les jours à 4h30 pour me lancer à la conquête d’un avenir hypothétique. Mais la galère ne fait que commencer ! J’ai à peine 30 mn pour m’apprêter ; prendre ma douche, ranger mes effets scolaires laissés en vrac – sur le guéridon qui me sert de table d’étude – dans ce petit studio que je partage avec mes trois frères et sœurs à Yopougon.

La vie d’étudiant

A 5h tapante, je sors de mon taudis ? Entame une marche infernale de 30 minutes pour être au quai du bateau bus à Abobodoumé  à 5H 30. Passé cette heure, il n’ y a plus d’espoir de place assise pour la grande gare du plateau. Il ne me resterait plus qu’à effectuer le trajet debout ! Impossible ! Vu ma peur bleu de l’engin et des mouvements de l’eau.

Une fois parvenu à la gare nord du Plateau, c’est une autre bataille. Monter dans le bus qui me rapproche le plus de l’école, le n°82. Il n’y a pas de place pour les faibles, les paresseux et les pleurnichard c’est du « chacun pour soi ». Ça c’est la première étape ! La seconde ? C’est le calvaire à l’intérieur de ce bus. Le trajet dur au moins une heure si  le bus ne tombe pas en panne bien entendu. C’est toujours un miracle d’arriver à destination avec les bus de la Société des Transports Abidjanais (Sotra). Et lorsque le bus lâche, malheur à qui n’a point de plan B !

Elèves, étudiants, commerçants, hommes de petits métiers qui n’ont pas d’autre alternative que d’emprunter le bus en font les frais chaque jour. Sueur, odeur nauséabonde, haleine de chacal, surcharges, disputes, moqueries, sans oublier que coincés comme des sardines, il faut également endurer les voleurs et autres pervers aux mains baladeuses qui profitent allègrement de la promiscuité pour  tripoter les demoiselles.

Le soir, je répète le même scénario en rentrant chez moi à 21 heures. Quelle force aurais-je encore pour réviser les cours ? Mais ce matin-là, était bien différent ; il n’était pas comme les autres…

Ce matin-là, une voiture stationne juste devant moi ! Son conducteur m’invite à y prendre place à peine 5 minutes après que je sois sorti de la maison. Après quelques hésitations je finis par reconnaitre le conducteur. Un célèbre animateur de la télévision qui fait rêver plus d’une fille…

Le bon samaritain

A peine installée dans ce bolide rafraichi par une climatisation émergente, j’entame la conversation. « Que faites-vous dans les parages ? » Qui sait ? C’est peut-être la bonne âme qui me dépose tous les matins… « De retour de mission, mon véhicule a crevé à quelques kilomètre de Yamoussoukro. Ce sont les villageois qui m’ont aidé à régler mon problème jusqu’à cette heure. Et comme j’ai reconnu l’uniforme de ton établissement,  alors j’ai voulu à mon tour venir en aide à une jeune étudiante vu que c’est sur mon chemin. » Explique-t-il. Assisse dans ce véhicule je pouvais imaginer l’enfer auquel je venais d’échapper ce matin. Ce bus qui devait être bondé a bloc. A 6h, heure à laquelle d’habitude le bus quittait le plateau, j’étais devant mon établissement. J’aurais au moins une heure pour faire des révisions. La journée n’était vraiment pas comme les autres !

 Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing ! Mon réveil venait de sonner exactement comme à son accoutumé… Miiiiiiiiiiiiince ! Il était 4h30 minutes ! Impossible c’était un rêve ?… La réalité est belle et bien là… je vais devoir reprendre mon rite habituel. Il était trop beau pour être vrai…

 

crédit photo: ivoitetv.net