L’Agence Nationale du Service Universel des Télécommunications –tic (ANSUT)  et l’union nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire (UNBCI) ont posé leurs valises à Béoumi, le vrai centre de la Côte d’Ivoire, pour la deuxième étape de l’Ansut Blog Camp, une caravane dont objectif est d’initier les populations à l’usage des TIC pour la production de contenus locaux.

La caravane est restée trois jours à Béoumi, entre le 9 et le 11 janvier. Plusieurs choses ont attiré mon attention à Béoumi, une ville que j’ai découverte bien qu’ayant passé mon enfance à Bouaké, ville située à moins de 60 km de là.

 

-le manque d’infrastructures dans la ville.

bagages en main en pleine ville a Béoumi

La terre argileuse que j’ai vu en entrant dans la ville montrait clairement que la ville n’était pas goudronnée.  Mais ça, je vous  assure qu’en tant qu’africaine, ce n’est vraiment pas une surprise, c’est le contraire qui m’aurait étonné ! La stupéfaction est venue quand je me suis rendue compte que nous ne pouvions pas loger dans la ville. Aucun hôtel n’a la capacité d’accueillir notre délégation, constituée de 10 personnes. Waou !

Pour être plus claire, en fait il n’y a pas d’hôtel à Béoumi ! Nous avons été obligés de repartir dormir à Bouaké, autre ville située à 60 km. Nous avons donc fait la navette entre Béoumi et Bouaké pendant 3 jours. Le comble, c’est que nous devions porter nos affaires personnelles sur la tête, alors que nous étions en plaine ville, parce que le bus ne pouvait pas circuler dans la rue…

 

-Béoumi le vrai centre de la Côte d’Ivoire capture

les centres de la France et de la Cote d’Ivoire

 

vous pouvez lire aussi  Béoumi, le centre méconnu de la Côte d’Ivoire

Et oui… »Le vrai centre » de la Côte d’Ivoire, comme le disent les habitants de la ville, se trouve à Béoumi. Cela a été affirmé par le bureau national d’études technique et de développement (bnted) en 1994. Je n’en avais jamais entendu parler, pourtant, comme je vous l’ai dit, j’ai grandi à 1 heure de route de Béoumi. Mais finalement j’ai compris le « pourquoi ». Le fameux point central du pays ne ressemble à rien, il n’y a donc pas d’intérêt à aller le voir. Il est matérialisé par une une pierre, en réalité une petite marque de ciment au sol, qui se trouve à côté du lycée de la ville.

Pourtant je suis certaine que l’on pourrait faire de Béoumi, qui est le centre de la Côte d’Ivoire, un endroit touristique qui attirerait  du monde. C’est toujours marrant de dire qu’on a été au centre d’un pays. Mettre cet atout en avant en l’exploitant de façon touristique pourrait être bénéfique pour cette petite localité. Cet atout, unique, pourrait représenter une source de revenu pour sa population, d’autant plus qu’il n’y a pas d’entreprise dans la ville. Cela permettrait d’occuper les jeunes et de lutter contre le chômage dans la région. Un membre de l’équipe qui a vécu en France m’a raconté que le centre du pays est un vrai site touristique. «Il y a un centre commercial, un restaurant… c’est un endroit vraiment attractif ». J’ai compris une fois de plus qu’un blanc ce n’est pas un noir !

 

-Le bébé Geek  (tweet)

J’ai été surprise de voir arriver dans la salle de formation une jeune fille avec un bébé sur le dos. Je me suis d’abord dit qu’elle était de passage… mais non. Elle s’est assise au premier rang, a retiré le bébé de son dos et a commencé à prendre des notes. Elle était bien là pour la formation. « Mon père m’a appelé de Bouaké ce matin pour me parler de la formation ici, alors que j’étais encore au lit. Je me suis levée, j’ai lavé le bébé et nous sommes venus. Nous n’avons même pas eu le temps de prendre notre petit déjeuner » m’a –elle expliqué quand je l’ai approché à la pause. Elle est restée toute la journée avec son bébé de 3 mois dans la salle sans qu’il ne pleure. Il avait d’ailleurs l’air plus concentré que sa jeune mère de 18 ans. Un futur geeck probablement ! Cette jeune femme fut mon coup de cœur de Béoumi.

Bah, voilà mon pkapkatoya* sur l’étape de Béoumi, le vrai centre de la Côte d’Ivoire !

L’aventure Ansut Blog Camp se poursuit. À bientôt pour l’étape de Daoukro !

 

* Pkapkatoya : rapport en argot ivoirien