kemi Seba brulant un billet de 5000 f cfa à Dakar le 19 août

Arrêté le 25 août dernier à son domicile  à Dakar pour avoir brulé un billet de 5000 franc cfa lors d’un meeting, le panafricaniste Kemi Seba a été relaxé ce 29 Aout .Il encourait au moins 5 ans de prison pour cet acte qui restera gravé à jamais dans l’histoire.

Kemi Seba, le billet de 5000 fcfa et le briquet

Kemi Seba  a  marqué un gros coup dans son combat contre le franc Cfa et son objectif j’en suis sûre a été atteint. En consumant un billet de 5000 f cfa le 19 août  2017 à l’aide d’un briquet  devant le monde entier, il avait bien ficelé son coup. Le choix de la ville, Dakar ! Reconnaissons que brûler un billet de banque dans la capitale qui abrite le siège de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), garant de cette monnaie est vraiment de la provocation. Il aurait fallu être un lâche pour ne pas y répondre.  Et vous avez bien constaté que la BCEAO ne l’est pas. Son acte ! Enflammer  un billet de  banque auquel l’on attribue un caractère spirituel et culturel  sur un continent ou des milliers de personnes ont du mal à s’assurer un repas quotidien ; avouons que c’est choquant. Pourtant  Kemi Seba l’a fait.

Le coup de pouce de la BCEAO

En quelques heures le geste du franco-beninois a fait le tour du monde via les réseaux sociaux rouvrant les discussions sur « l’avenir » du franc Cfa. Le débat atteint son apothéose lorsque Kemi se fait arrêter suite à une plainte de la BCEAO.  A ce moment-là ; même les bobo* du net se sont prononcés sur la question. Chacun y allait de son interprétation et de son commentaire. « Détruire un billet de banque n’est pas considéré comme une destruction de bien d’autrui, car le billet appartient à son porteur et non à la banque » a déclaré Toussaint Alain un autre panafricaniste.

En plus il ne sera pas le premier à avoir effectué cet acte. En 1984, Serges Gainsboug, chanteur français, brule un billet de 500 francs en pleine émission télévisée pour protester contre l’impérialisme .Nelson Mandela a également eu recours au feu pour bruler en 1952 son passeport pour dénoncer le fait que l’apartheid montrait les noirs comme des citoyens de seconde zone. C’était des gestes symboliques.

En plein dans le mille

Colloques, séminaires, conférences sont organisés depuis plusieurs années  par certains  panafricanistes  en Afrique mais aussi en Europe afin de susciter l’abandon du FCFA. L’argument majeur : l’Afrique ne sera véritablement indépendante que si et seulement si, elle se séparait de cette monnaie coloniale. Mais rien ! D’ailleurs les chefs d’Etat africain affirmaient il y a quelque mois à Abidjan lors d’un sommet de l’UEMOA que le franc Cfa se portait bien parce qu’arrimé à l’euro.

70 ans qu’existe le FCFA alors que les pays l’utilisant ont au moins 50 ans d’indépendance. Quant au franc français auquel il était arrimé, il a disparu laissant place à l’euro mais le franc CFA demeure. Il a vraiment la peau dure.

Malgré les nombreux efforts des «  anti-Cfa », il a fallu le geste de Kemi Seba prennant un briquet et enflammant ce billet vert pour que le débat quitte le rang des économistes, panafricanistes et s’étende à la grande majorité des « héritiers » de cette monnaie : la jeunesse africaine.

 OKLM* le panafricaniste.

Apres 4 jours de détention, Kemi Seba a été relaxé le 29 Aout, après avoir demandé pardon lors de son plaidoyer pour l’acte qu’il avait commis. Certains disent qu’il est faible et qu’il aurait pu faire la prison pour être un héros au lieu de se remettre en cause. Mais à quoi bon ?  Il y a un proverbe baoulé* qui dit «   l’eau versée  ne peut être  ramassée ». Kemi a versé l’eau, par son geste, mais ne puis  la ramasser parce que déjà fait. Cependant, il a demandé pardon,  a été relaxé et  son message est passé. Il  a obtenu gain de cause.

Il était conscient de ne rien changer sur  le champ. De toute façon seul face au système il ne pouvait rien. Mais  choquer le nègre pour une prise de conscience il l’a réussi. Le débat a connu une avancée. Une chose est Claire après cette vague de  vieux  présidents africains au pouvoir, considérés comme  des  » préfets de la France  » le franc cfa disparaitra certainement. Mais je retiens la chute de l’analyse d’un confrère journaliste  « sachons nos priorités et le vrai combat. Celui contre le CFA est une bataille noble mais qui ne vient pas à son heure. Il y a de grandes batailles à gagner d’abord ».

Kemi Seba.. Chapeau pour ton courage !

  • bobo: muet en argot ivoirien
  • OKLM: au calme