L’école ivoirienne se meurt.Des élèves en classe de 3eme ont  indiqué la profession qu’ils aimeraient exercer à la fin de leurs études. C’est scandaleux !

 

Des images qui circulent sur le net  en ce moment sont de nature à couper le souffle. J’ignore la période à laquelle elles ont été prises ni pourquoi elles sont publiées en pleines vacances scolaires mais  «  ya problème »*

Les failles de l’école ivoirienne

Des élèves en classe de 3ème ont renseigné dans un formulaire  leur profession de rêve après leur études: « cecretaire de banque, insustrice , infirmieur , pillôte, espect compatble , jean d’arme, edicatrice ,gandarme , contable,  Au teste de l’air »  … Je m’arrête là pour ne pas avoir à vous donner la migraine. Vous aurez compris que ces élèves  voulaient plutôt dire : secrétaire, institutrice, infirmier, pilote, expert comptable, gendarme, hôtesse de l’air …

professions envisagées par les élèves de 3ème

L’école ivoirienne est dans un coma cérébral. La dernière étude économique de la banque mondiale sur la Côte d ’Ivoire en février 2017 a révélé de nombreuses défaillances dans le système éducatif ivoirien. L’étude note : Fort taux de redoublement, faible taux d’enfants scolarisés, très faible niveau des élèves en mathématiques comme en  français  ce qui signifie qu’ils ne seront ni littéraires, ni scientifiques comme on aime le dire au second cycle. Les adolescents ne fréquentent pas suffisamment l’école  secondaire … le fort taux d’abandon et de redoublement des élèves, le fait que les élèves ne sachent pas lire, ni compter convenablement à la fin de l’école primaire.

 

 

L’émergence menacée…

Une amie d’enfance, aujourd’hui professeur de lycée m’a confié que ces enfants « arrivent au collège sans qu’ils ne sachent véritablement écrire leurs noms. Pis, plusieurs d’entre eux ne savent pas écrire. » Elle a  confessé avoir même la migraine après avoir corrigé leurs devoirs. «  Leurs copies sont illisibles » m’a t-elle confié désespéré. Elle était simplement scandalisée.

Cette étude  précisait  également qu’il serait  difficile pour la Cote d’Ivoire  de compter sur ce capital humain pour atteindre l’émergence. D’ailleurs sur un classement de 178 pays concernant le développement du capital humain, le pays occupait la 172ème  place.

Francis Ndem, spécialiste de l’éducation de la Banque Mondiale  avait donc préconisé une performance des enseignants, améliorer le système des subventions des écoles privées et une amélioration des dépenses publiques au sein du secteur de l’éducation qui parait indispensable.

D’un autre côte, Kandia Camara la ministre de l’éducation nationale n’a pas caché sa stupeur face à cette étude. Cependant elle a  indiqué que les efforts du gouvernement dans le domaine de l’éducation sont énormes. « Le pays y investit 5% de son PIB ,  en donnant du matériel nécessaire. Le salaire des enseignants a été doublé pour les motiver ».  

Apres ces résultats, elle a multiplié réunions, discussions, entretiens avec ses collaborateurs. Elle avait  même prévu de rassembler tous les acteurs du système éducatif lors d’un séminaire que son ministère comptait dans  les mois à venir organiser  ( je ne sais s’il a eu lieu ) afin de trouver des solutions idoines à l’école ivoirienne qui se meurt.

Les réformes du siècle !

Après toutes ces consultations, la ministre donnait deux mois, plus tard en avril les reformes pour la rentrée scolaire 2017- 2018 censées contribuer à sauver l’école ivoirienne. Apprécions ensemble :

Les enfants en classe de CP1, CE1, et CM1 passent automatiquement en classe supérieure. Pour ceux de CP2 et CE2, l’enfant passe si sa moyenne générale annuelle  (MGA) est supérieure ou égale à 4/10. Quant au secondaire, les élèves de la 6eme a la 3eme, il faut 9/20 pour aller en classe supérieure.

Dites moi,  la ministre, elle est sérieuse ? Parce que moi avec ces réformes là,  je vois la Cote d’ivoire être 178ème / 178 lors du prochain classement sur le développement du capital humain. Et vous ?